Vous connaissez tous ma passion pour le référencement je pense... Mais par contre ce que je trouve dommage c'est l'absence de filles dans le domaine. Un peu comme les maths quand on était au lycée, c'était forcément pour les garçons (mais moi j'adorais les maths...). Dans le web, le SEO a remplacé les maths et le référencement est un milieu d'hommes. Il y a quand même quelques femmes qui émergent mais tant que ça. J'en ai déniché une quand même sur twitter, elle est un peu twitter addict comme moi d'ailleurs, un peu fofolle, mais ça n'empêche pas d'être sérieuse dans son travail évidemment... Découvrons de suite Stéphanie plus connue sous SEO Factory Girl !

Peux-tu te présenter toi, ton parcours et ton activité ?

Stéphanie, ** ans (...), référenceuse indépendante, à mon compte depuis début 2011. A l'inverse de beaucoup de mes confrères, je ne suis pas une geek (et encore moins une geekette) mais un produit d'origine 100% littéraire (j'ai une maîtrise en Histoire de l'Art médiéval, voyez). Je suis entrée dans le Web par le biais de la rédac, d'abord comme Search Marketing Specialist (liens sponsorisés) chez Yahoo! à Dublin puis -entre autre- comme Search Quality Analyst pour Yahoo! Search à Londres. A l'époque les annonces YSM comptaient 70 et 150 caractères (si mes souvenirs sont bons), les équipes étaient donc constituées principalement de profils littéraires. Là j'ai travaillé sur plusieurs projets liés directement à la pertinence des résultats, ce qui m'a amené à intégrer la Search Quality du moteur de recherche assez rapidement. Je suis restée chez Search 2 ans et demi à travailler sur plusieurs projets et produits Search très différents (Answers, Local, Eurosport...), en parallèle à mes fonctions de SQA. J'ai quitté Yahoo! pour voyager, puis je suis rentrée en France où j'ai travaillé comme responsable Web pour une agence de communication montpelliéraine -que j'ai quitté pour me mettre à mon compte. Aujourd'hui je travaille surtout pour des sites e-commerce et je fais de la sous-traitance comme référenceuse mais pas que, même si le SEO reste mon coeur de métier. Je suis une référenceuse « White Hat », toutes mes actions sont manuelles ou semi-automatisées uniquement et je mets un point d'honneur à ce que mes méthodes restent « propres », même si c'est beaucoup de travail. Je suis devenue technique par la force des choses, mais si vous êtes en quête d'un script qui tape et qui claque, je ne suis pas la personne que vous cherchez.

Comment t'es venue l'idée de te lancer dans le SEO ?

Du fait de mon expérience pour un moteur de recherche, la spécialisation SEO était une évidence. Je me suis vite rendue compte que c'était une compétence très demandée qui faisait la différence à l'embauche. J'ai toujours souhaité être à mon compte, j'ai donc profité de l’engouement actuel pour le SEO pour me lancer.

Quelle est ta stratégie d''acquisition de clients ?

Je n'en ai pas vraiment : les gens me contactent directement par le biais de mon site www.seofactorygirl.com -ou plutôt grâce à mon blog. J'ai adopté un ton plutôt drôle et second degré qui semble plaire et qui donne à mes prospects une idée de la personne que je suis, au delà de l''aspect purement professionnel, ce qui est important pour moi car l'alchimie client-prestataire est essentielle, surtout pour un indépendant. Je n'ai donc pas besoin de démarcher, ce qui est un luxe immense. Je pense que c'est le cas de beaucoup d’entrepreneurs du Web donc je ne m'en félicite pas spécialement, mais j'apprécie ma chance car je ne pensais pas que les gens viendraient d'eux-mêmes lorsque je me suis lancée. C'est une donnée importante quand on est à son compte, forcément, surtout si on n'a pas particulièrement la fibre commerciale, et ça fait gagner un temps fou.

Comment vois tu ton avenir ?

J'aimerai me développer assez rapidement, j'ai donc fait le deuil de ma vie pour les quelques années à venir ;-p Je ne sais pas encore sous quelle forme (regroupement d'indépendants, embauche...), mais je souhaite pouvoir proposer des solutions plus complètes à mes clients dans un futur proche (et déléguer un peu aussi, parce que le référencement White Hat c'est laborieux et extrêmement chronophage !). Sinon dans l'immédiat j'aimerais me focaliser davantage sur la formation, que j'ai beaucoup pratiquée par le passé et qui est parait-il un de mes points forts.

Que penses-tu du e-commerce France ? Y a t'il encore de la place pour se lancer, se faire connaître, devenir un gros site ?__

Ça, c'est surtout une question de e-commerçant ! Il y a forcément de la place, surtout que tout le monde n'est pas au même niveau. En tant que prestataire Web, je vois tous les jours des e-commerçants mal informés et mal formés, qui passent complètement à coté de choses tout à fait basiques. Être e-commerçant c'est un métier qui s'apprend au même titre qu'un autre, se lancer juste parce qu'on a une idée ce n'est pas suffisant. Si vous ne savez pas, sachez au moins vous entourer et vous faire conseiller par des gens compétents. Un concept et un joli site ne mènent généralement pas bien loin. C'est d''autant plus vrai pour devenir "un gros site", et s'entourer devient absolument obligatoire si on ne vient pas du Web à la base (et même là, il faut être sacrément doué car cela demande des compétences multiples).

Quelle est ton idole dans le monde du web ?

Je n'ai aucune idole, sorry les gars. Certains ont un parcours remarquable et admirable, mais je n'ai pas de modèle à proprement parler.

Quelles sont tes passions en-dehors du web ?

Les voyages. C'est tout, en fait. Je compte d'ailleurs bien profiter de mon statut indépendant pour voyager, quitte à travailler depuis l'étranger -puisque les vacances en elles-mêmes sont un peu compromises à l'heure actuelle ;-p.

Un mot pour résumer ta vie de web-entrepreneur ?



"Disponibilité". Souvent les clients e-commerce cumulent plusieurs activités, surtout au démarrage. Ça me donne l'immense plaisir de répondre au téléphone jusqu'à 20h, y compris le week end...C'est ce qui manquait à ma vie de salarié en fait, je ne savais jamais quoi faire du Vendredi soir au Lundi matin ;-p "Responsabilités" colle pas mal aussi. Travailler pour ses propres clients c'est complètement différent, l'engagement est beaucoup plus fort et le devoir de résultat est au coeur de toute initiative et de toute action. Je ne fais pas de paiement au résultat parce que les conditions sont compliquées à mettre en place et peuvent desservir aussi bien le prestataire que le client, mais en dépit de la seule "obligation de moyens" du référenceur, le but reste quand même de placer chaque client en première page de Google sur un maximum de mots-clés pertinents et de contribuer à la pérennisation du projet, le sentiment de responsabilité est donc particulièrement présent en ce qui me concerne.