Prenez Björg, l’un des premiers en France à avoir investi le secteur... “C’est beau, c’est bon, c’est Björg”. On se souvient tous de ce slogan. Et il est assez symptomatique de ce qui se passe dans nos petits cerveaux. Peut-être est-ce un mauvais procès, mais je trouve que l’on a tendance à confondre diététique et biologique (sauf pour certaines marques historiquement bio qui proposent le plus souvent un style de vie, comme Björg). Et dans notre société de consommation (parce que même s’il y a crise, on en est toujours là), il est important de faire miroiter l’argument nutritionnel pour la ménagère de moins de 50 ans qui reste très attachée à son apparence et de la déculpabiliser dans le même temps (ils avaient déjà utilisé cette ficelle en lançant tous les produits minceur-plaisir). La différence est que l’on ne déculpabilise plus pour prendre du plaisir, mais pour sauver la planète. Je consomme, mais je ne vais ni grossir , ni contribuer à la destruction de la planète. On ne va pas bouder, mais bon, le problème c’est que si l’argument diététique ne fonctionne pas (j’ai récemment acheté des petits gâteaux Lu Bio fourrés au chocolat type Kango, qui n’ont pas l’air de faire beaucoup de bien à mon tour de taille), l’argument “sauvons la planète” n’est pas toujours très efficient non plus… Vues dans le supermarché du coin : des pommes bio d’Argentine ? Pas mal, non ?


Le problème de l’équité, c’est que notre conscience se trouve face à un dilemme : D’un côté aider les populations défavorisées et de l’autre protéger la planète. Parce que même quand (et je dis bien quand) les produits sont bio (toujours bien lire les étiquettes), ils parcourent la plupart du temps des milliers de kilomètres pour rejoindre nos foyers (et oui, les pays les plus pauvres se trouvent loin de chez nous, et en plus c’est souvent là-bas que poussent cacaoyers, caféiers, cotonniers...). Mais ça reste toujours mieux que d’enrichir de grosses multinationales. Le commerce éthique, lui, rejoint ce principe de juste rétribution du travail, de droits de l’Homme, de développement économique local durable… en mettant peut-être un peu plus l’accent sur la production en agriculture biologique.


Bref, il faut encore plus de temps pour bien savoir ce qu’on achète : le coton bio des t-shirts de grandes surfaces n’est certainement pas éthique, mais le café labelisé commerce équitable n’est pas bio… Le tout c’est de faire au mieux, nous avons aujourd’hui des envies qui nécessitent des importations (je sais le goût du chocolat ne date pas d’hier) et comme les marketeurs ont bien fait leur boulot, de plus en plus nous achetons “responsable”. Le problème c’est qu’à ce rythme-là les terres cultivables ne suivent pas…

PS : Le documentaire de France 5 est bien intéressant sur les cosmétiques dites "bio" et sur les interrogations de certains agriculteurs.

PPS : Quand même quelques boutiques sympathiques...

Mademoiselle-bio.com
Made-in-ethic.com
www.adili.com (anglais)
www.ekyog.com (quelques boutiques disséminées en France, avec un peu de chance...)