Une nouvelle interview ce dimanche avec Ludovic Passamonti, célèbre bloggeur et consultant ecommerce dans notre milieu de ecommerçants avides de conseils pour devenir le roi du ecommerce !

Peux-tu te présenter toi et ton activité, quelle est le petit plus de ton offre ?

Je suis consultant ecommerce freelance, membre de ton fan club, et j'accompagne les entreprises qui souhaitent se lancer dans la vente en ligne, en les aidant à appréhender toutes les problématiques d'un projet e-commerce, et en les accompagnant dans sa mise en œuvre. Je réalise des audits de site afin d’optimiser leur efficacité commerciale. Depuis le début de l’année, je n’ai quasiment travaillé que sur des projets de refonte. Mon grand truc, c’est la conception d’interface. Et j'interviens parfois en tant que conférencier.

Le petit plus ? C’est qu’il y en plein pour le même prix ! Mes clients en parlent mieux que moi. Disons que j’ai une vision très large d’un projet e-commerce, à la fois technique, marketing et humaine, parfois à la limite du coaching.

Comment t'es venue l'idée de te lancer sur le créneau de l'accompagnement des ecommerçants ?

Ca fait longtemps que je conseille des entreprises. J'ai travaillé 7 ans en agence de communication où je faisais de la recommandation stratégique internet pour des grands comptes comme Kellogg's, Pizza Hut, Sage, Ciel, des ONG, et bien sûr, des e-commerçants. Au bout d’un moment, j’ai eu envie de mettre mes connaissances et mon expérience au service d’entreprises et d’entrepreneurs qui en ont plus besoin que des multinationales. J’aime aussi être au contact direct des décideurs opérationnels. C’est plus pratique pour passer rapidement à l’action, et vérifier que je ne raconte pas trop de bêtises :-)

Comment te démarques-tu de la concurrence, quelle est ta stratégie de communication ?

Ma stratégie, c'est que je n'ai pas de stratégie. J'ai un blog, et c'est tout. Plus de la moitié de mes clients ont commencé par lire le blog, puis ils m'ont appelé, et ont fini par me confier une mission lorsqu'ils ont eu besoin d'aide pour monter leur projet e-commerce ou pour développer leur business.

J'ai juste compris une chose très importante grâce au blogging : pour sortir du lot, il vaut mieux être authentique. Faire un blog qui n'est qu'une énième revue de presse e-commerce n'a aucun intérêt. Alors j'ai juste essayé de rester moi-même. C'est-à-dire un gars qui aime la pédagogie et le partage d'expérience. Je ne parle que des choses qui m'intéressent, et qui m'interpellent, je ne suis pas très doué pour la diplomatie, j'aime bien provoquer un peu, et surtout rester accessible. Après les lecteurs accrochent ou non au discours, et il y a une sélection naturelle qui s'opère, qui fait qu'on fini par se retrouver entre personnes qui se comprennent. L'intérêt du blog, c'est aussi l'échange via les commentaires, qui m'ont permis de faire quelques belles rencontres.

Ensuite rien de très original. Je partage mes articles et ma veille sur Twitter, Facebook, et un peu Viadeo.

Comment vois tu ton avenir ? Un autre projet, se la couler douce, business angel pour les projets que tu accompagnes...

J'ai plein (trop) de projets ! Le web est un milieu super stimulant pour les entrepreneurs, car ça bouge très vite, les idées fusent. Mais je sais aussi qu'il ne faut pas que je me disperse, au risque de ne tout faire qu'à moitié. Pour l'instant, je me concentre sur mon activité de consultant e-commerce freelance pour laquelle je dois gérer une demande exponentielle depuis l'année dernière, alors que je n'ai toujours qu'un seul cerveau (mono-tâche en plus, ça aide pas)...

Je me suis aussi lancé dans une association de promotion des usages du web et du e-commerce en Normandie avec des confrères et amis : Normandie Web Xperts. Notre 1ère journée de conférences gratuites en juin a fait un carton avec plus de 250 personnes et entreprises venues nous écouter. Nous allons essayer de renouveler cela prochainement.

J'adorerai être business angel, car je vois parfois passer des projets qui ont un énorme potentiel, je rencontre des entrepreneurs talentueux, voire les 2 à la fois, mais pour lesquels je n'ai pas les moyens d'investir. C'est très frustrant ! Si un lecteur de ton blog a quelques millions d'euros à défiscaliser, il peut me contacter, j'ai un super projet de tour du monde en famille dans le tourisme en ligne !

Que penses-tu du e-commerce en France ? Y a t'il encore de la place pour se lancer, se faire connaitre, devenir un gros site ?

Ce n'est pas un secret, l'e-commerce Français n'est pas au top par rapport à nos voisins anglais ou allemands qui ont beaucoup plus de maturité que nous dans tous les domaines marketing annexes au e-commerce. Je n'ai jamais caché que j'admire le pragmatisme et l'efficacité des américains. Ils ont l'art du storytelling, et intègre la notion de ROI à tous les étages du business. C'est une approche quasi incontournable quand on fait du e-commerce, sur laquelle on devrait prendre exemple.

En France, je suis tous les mois sidéré de croiser le chemin d'e-commerçants qui n'ont jamais ouvert Google Analytics après 1 an d'existence (si si, je vous jure, ça existe...), ou qui ne comprennent pas pourquoi ils n'ont pas de commandes alors que leur site est lancé depuis 15 jours... Bon, ce n'est pas la norme non plus heureusement... Mais c'est assez symptomatique d'un manque de recul global sur la réalité du métier d'e-commerçant en France, alors que c'est probablement l'un des métiers le plus complexe que je connaisse. Il vaut mieux savoir où l'on met les pieds avant de se lancer, pour espérer réussir dans ce domaine.

Le bon côté de la chose, c'est qu'il y a encore une belle marge de progression pour tous les e-commerçants français, et donc des places à prendre pour les plus malins (avec les plus riches...).

Même dans le marché le plus concurrentiel du monde (et la France est très loin d'être ce marché), il y aura toujours de la place pour ceux qui savent apporter un bénéfice palpable ou une innovation, pour ceux qui sauront créer une véritable relation avec leurs clients.

2/3 conseils que tu donnerais pour devenir un site qui compte dans le web ?

Heuuu... tu me demandes des conseils qui valent de l'or là ! C'est ça ta ruse pour devenir la number one du e-commerce ? Tu crois pas que je vais te les donner comme ça quand même !

Au hasard, tu peux toujours essayer :

1. Ne pas lancer le millionième site de vente de sex-toys, de lingerie sexy, de produits écologiques ou de cosmétiques bio, d'accessoires high tech made in China, des vêtements bébés/enfants, de prêt-à-porter, ne pas lancer le millième site de coupons géolocalisés, etc... Trouvez une niche qui a une chance de le rester quelques mois, pour vous laisser le temps d'apprivoiser votre marché, de prendre de l'avance, sans devoir surinvestir.

2. Se payer un coup de pub avec Lady Gaga ou Justin Bieber. Si vous n'avez pas les moyens, se payer quelques heures de conseil d'un pro pour ne pas essuyer les plâtres (c'est pas les occasions qui manquent dans notre domaine...) pourrait être une bonne alternative.

3. Jouer la carte de la satisfaction client et de la fidélisation à 200%. C'est presque le seul terrain sur lequel un "petit" e-commerçant peut se battre face aux mastodontes du secteur. Sur le long terme, c'est aussi la stratégie la plus rentable.

Et si tu en veux 297 de plus, tu peux lire cet article 300 conseils pour développer son e-commerce.

Quel est ton idole dans le monde du web ?

La liste serait un peu longue. En gros, tout ceux qui accomplissent des choses que je n'ose pas faire, ou que je ne saurai pas faire.

Quelles sont tes passions en-dehors du web ?

Le voyage et la photographie. Depuis 15 ans, je mets un point d'honneur à partir sur les routes du monde 1 fois par an, avec mon super pote le sac à dos et mon appareil photo. Si possible dans des endroits bien sauvages ou dépaysants. Rien ne vaut une bonne semaine de galère dans des bus pourris, ou à pied, au bout du monde, pour apprécier le confort de notre vie occidentale, de retour en France ! C’est surtout la seule manière d’atteindre certains des plus beaux endroits de la planète.

Le point d’orgue de cette passion fut quand j'ai pris un congé sabbatique en 2005 pour faire un tour du monde, que je raconte au jour le jour sur mon vieux blog Tour-du-monde.net.

Maintenant, j'ai une épouse, une petite fille, une maison, un crédit sur le dos, un job que j'aime, donc j'ai un peu mis le voyage en stand-by, mais ce n'est que partie remise.

Un mot pour résumer ta vie de web-entrepreneur ?

Passion. Ca résume même toute ma vie.