Il y a quelques années, lorsque je me suis lancée, en 2008 précisément, le ecommerce apparaissait comme un eldorado. Un job de rêve qu'on pouvait faire de chez soi, en investissant un minimum et en travaillant 5 heures par jour pendant que les enfants sont à l'école. D'ailleurs on pourrait même penser surque le statut d'auto-entrepreneur a été créé pour le ecommerce ! Un petit business qui rapporte de quoi compléter le salaire de Monsieur, pour payer Disney à toute la famille ou s'offrir un abonnement au Moving du coin...

Réducteur ? Pas tant que ça. Qui ne s'est pas lancé avec cette idée en tête ? Sûrement pas la plupart des créatrices que je connais, qui étaient soit en fin de droit de chômage, soit en retour de congé maternité ou alors desperate housewife... Combien de fois n'ai-je pas entendu " moi j'ai créé mon site pour me faire plaisir"...

Elles se sont toutes lancées dans les mêmes secteurs : bébé, bio, vêtements, bijoux fantaisie. En quelques mois le net était cerné de toutes parts par pléthore de sites ecommerce, certes jolis, mais dénués d'intérêt les uns par rapport aux autres.

Quelques années plus tard, de plus en plus de sites de ce genre ont fermé boutique pour plusieurs raisons, mais toutes identiques : manque de moyens financiers, de compétences marketing, de connaissance du web tout simplement. Avec des formations, ces créatrices auraient pu devenir des expertes, mais en ayant une insuffisance de trésorerie, comme se payer une formation ? Et avec le manque de temps (puisqu'il fait bien s'occuper des enfants qui n'ont plus de nounou) comment se rendre à des rencontres d'entrepreneurs, surfer sur les blogs ecommerce ou se pencher à fond sur les réseaux sociaux ?

Sans tout ça, impossible de se démarquer sur le net. Pas de visibilité, faible stock, un site qui n'est pas mis à jour et en quelques mois, le ecommerce passe du rêve au cauchemar et il ne reste plus alors qu'à éponger ses dettes en reprenant un poste de salariée. Et là, l'atterrissage est dur : passer du statut de chef d'entreprise à manutentionnaire ou vendeuse, ça fait très mal !

Heureusement beaucoup ont eu l'idée de bifurquer avant que leur site ne les fasse tomber. Et plutôt que s'entêter à changer l'offre, refaire le SEO à l'infini ou engager une agence marketing à prix d'or, il ne faut parfois pas hésiter à changer de modèle économique !

C'est toujours difficile d'abandonner un projet qu'on a porté à bout de bras pendant plusieurs années et on peut facilement le considérer comme un échec. Mais la théorie veut qu'on apprend plus de ses échecs que de ses réussites, alors c'est finalement une bonne chose de planter ou ne jamais faire décoller son site ecommerce si ensuite on trouve enfin LA bonne idée.

Personnellement je le vis plutôt comme une évolution dans mon cas. Quand j'ai vendu ma pharmacie, j'ai dans un premier temps failli acheter une agence de mannequins, puis comme cela ne s'est pas fait j'ai bifurqué par hasard sur le ecommerce. Ça me semblait "facile" à démarrer... Depuis j'ai déchanté et au bout de 3 ans j'en ai par-dessus la tête de faire des colis plusieurs heures par jour, ou bien reprendre toutes les optimisations on site de mes sites !! Donc plutôt que racheter une pharmacie, j'ai décidé de creuser et voir ce qui pouvait remplacer le ecommerce sans abandonner le web, mais en supprimant tout ce que je n'aime pas, pour le remplacer parce que j'aime : réseaux sociaux, communication, éditorial, évènementiel.

Ça a été un peu long mais je pense que je "tiens le bon bout" comme on dit, puisque depuis quelques mois j'ai mis en chantier 3 projets sur chacun de mes sites. Il faut encore les peaufiner, les améliorer, préciser le cœur de l'activité de chacun de ses sites, qui sont tous différents, mais il semble que cette fois-ci j'ai trouvé 3 axes qui me plaisent énormément. Je précise aussi que c'est grâce à tous les amis que j'ai dans le web, rencontrés grâce aux soirées web/ecommerce que j'organise chaque mois, qui m'ont orienté, donné des conseils, fait un site même, mais aussi dit que j'avais parfois des idées un peu nulles ou que j'étais dispersée ! Mais la remarque la plus appropriée qu'on m'est faite c'est quand même celle ci : "Peggy fonctionne comme un entonnoir, on croit qu'elle part dans tous les sens, qu'elle s'éparpille, mais petit à petit, les idées se recentrent et elle sait où elle veut aller avec tout ce qu'elle fait. Donc même si ça semble débridé, il y a une finalité derrière tout ça !" Comme tout le monde finalement, sauf que chacun prend des chemins différents.

Donc si vous aussi vous en êtes revenus du ecommerce et que vous avez préféré passer à autre chose, n'hésitez pas à le dire ! Et si vous cartonnez, c'est à dire, si vous en vivez confortablement, j'attends vos commentaires aussi !!