Par Mathilde le lundi 29 juin 2009 à 10:27 :: C'est dans l'air :: #1928
Le livre de poche, c'est la lecture de l'été, ce livre qui a le format idéal pour être glissé dans un panier de plage ou un sac à dos, celui qu'on pose sur une tablette, qu'on ouvre et qu'on feuillette à des rythmes divers en fonction du moment de la journée, du verre qui est posé à côté de nous.
Il n'y a pas de meilleur saison que l'été pour le livre de poche. On a du temps, on peut y passer cinq minutes comme on peut laisser les heures s'étirer paresseusement, pendant que nous ne levons pas le nez de l'histoire qui nous capte le temps d'un bouquin.
Dans le livre de poche, les genres suprêmes
plus grosses ventes sont réparties entre les polars et les romans d'amour. Ces derniers représentant un volume énorme de ventes avec 30% de parts de marché du livre de poche !
En découvrant ces chiffres et en lisant en détail un dossier du Courrier International intitulé Visite chez Harlequin, Amours à la chaîne, je me demandais quels type lecteurs pouvaient attirer ce genre ? On ne voit que rarement des gens s'afficher avec de tels bouquins.
Pourtant, Nora Roberts, la reine des ventes chez Harlequin, affiche 147 livres ayant figuré sur la liste des best-sellers du NY Times (sic). D'ailleurs, sur le site français des éditions Harlequin, on vous propose de vous aider à trouver dans le catalogue le livre qui vous ressemble.
Bref, si je suis une dévoreuse de polars, je tente de comprendre ce qui fait le succès de ces livres, aussi bien auprès des Bridget Jones trépidantes que de la ménagère croulant sous le poids du quotidien ou de la vieille tante célibataire.
La réponse est sans doute très simple : lire, c'est s'offrir du rêve et de l'évasion. Et comme le stigmatisent les responsables chez Harlequin "Notre succès est assis sur un modèle formidable d'entreprise : deux personnages qui se rencontrent, tombent amoureux et fondent une famille".
Tout cela n'est pas sans rappeler l'énorme succès de Love Story, premier livre ayant été écrit sur la base d'une étude marketing. Conclusion : le marketing du bonheur n'en a pas fini de séduire les foules !
Commentaires
Je suis pas sûr que ça soit une lecture d'été mais dans les volumes de ventes conséquents rivalisant avec les romans d'amour et les polars, il y a la fantasy et la science-fiction.
En tout cas, c'est clair que l'été est "le" moment pour mettre en vente ses livres au format au poche.
Jean-Michel > j'aurais presque oublié que le geek est souvent fan de SF ;-)
C'est vrai que dans le genre, j'ai passé des nuits entières à lire Barjavel, Bradbury ou même Tolkien...
J'ai travaillé durant deux ans chez un éditeur de livre de poches. Gérant (pour la partie graphique) son catalogue de milliers de titres, tu analyses vite ses meilleurs ventes et sa réactivé face aux lecteurs.
Les lecteurs de SF et Fantasy sont des lecteurs à chouchouter. C'est un lecteur fidèle (et exigeant) tout au long de l'année.
Curieuse, j'ai tenté, il y a quelques années, la lecture d'un Harlequin..., je n'ai JAMAIS pu le terminer ; lasse que Gregory fou d'amour pour Isabella........ ; j'ignore la suite ;-) !!
En revanche outre atlantique, ces "kissy books" font le bonheur des ménagères de moins de 50ans...!
Jean-Michel > en volume, Harlequin est impressionnant : 120 couvertures réalisées chaque mois pour ses diverses collections !!!
Louryd > moi aussi j'en avais lu un pour voir ce que les femmes leur trouvaient. Il faut avouer que les ficelles utilisées sont excellentes et bien rodées > commencer par des chapitres très descriptifs pour poser les personnages, des règles très précises sont imposées par Harlequin aux auteurs concernant les thématiques, les profils des héros, le dosage des scènes d'amour et de sexe et même la longueur et le nombre de chapitres. C'est du pesé/marketé et ils le font très bien.
Mathilde > Je me demande comment ils font pour ne pas tourner en rond ;-) Sacré machine en tout cas.
J'avais entendu dire que c'était un ordinateur (enfin un programme) qui écrivait les histoires.
Jean-Michel > je cite l'article du Courrier International "Harlequin fait travailler près de 1 300 auteurs, sélectionnés à partir des manuscrits qu’ils ont envoyés spontanément. Car la maison reçoit environ un millier de manuscrits par mois". Pas de machine derrière, donc, mais sans doute un sacré boulot de sélection.
Imagine un peu le délire : tu es payé pour lire et sélectionner des histoires d'amour. Je ne crois pas que j'en serais capable.
Sacré travail en effet. Si ça trouve, faut que je postule là-bas.
Jean-Michel > ne risques-tu pas de faire une overdose ??
Mathilde > bien d'accord avec toi, mais ce "pesé/marketé" n'est définitivement pas pour moi...
Moi sans hésiter c'est les polars, les thrillers... J'adooore !