Cette nuit, j'ai rêvé d'un bateau. Celui dont Slimane veut faire un restaurant dans La graine et le mulet, le  film d'Abdellatif Kechiche. On m'avait fortement conseillé de le voir, j'ai mis longtemps à me décider (il dure 2h30). Mais quel film, quelle énergie ! 

Du scenario, on pourrait retenir les scènes de famille, filmées en temps réel, les désillusions et l'usure du quotidien, ou encore la fracture des générations d'immigrés. Mais ce que j'y ai vu de plus fort, c'est la formidable énergie déployée autour du rêve d'un père et de son projet de restaurant.

On le voit se heurter à toutes les difficultés d'entreprendre. On ne peut pas s'empêcher de se dire que pour quelqu'un comme moi (française de "bonne famille", diplômée, etc.) c'est certainement plus facile de convaincre les banquiers et les institutionnels.

Malgré tout, quel que soit notre passé ou notre milieu social, créer sa boite reste un parcours semé d'embûches. Un périple fait de moments de solitude devant ces portes qui se ferment et d'enthousiasme devant celles qui s'ouvrent.

Tout cela m'a rappelé une réflexion ouverte par Pierre-Olivier Carles sur les entrepreneurs à succès. Est-ce la finalité qui est importante ou bien tout ce qui constitue l'histoire ? Personnellement, ce que je trouve admirable avant tout, c'est l'énergie déployée, les moyens qu'on s'est donnés...

La graine et le mulet en VOD