Plus de dix ans que je baigne dans le web, comme Obélix dans sa marmite. Même si j'ai une belle vie hors ligne, force est d'avouer qu'Internet, c'est quelque chose dans, par et pour lequel je vis.

Sur les toutes dernières années, si je devais faire un bilan en une phrase, je parlerais d'une chose : le Contextuel. Il est partout, suivant mes traces aussi sûrement que je surfe et que j'alimente mes différents profils en ligne.

Il me suit sur les applications comme Twitter ou Facebook, auxquelles je réponds volontiers à la question Status/what are you doing ? Il me traque sur mes sites favoris, qui correspondent à ce que je recherche comme information et sont truffés de publicité contextuelles.

Généralement je suis plutôt conciliante avec lui, surtout quand il sait comment me parler et prend l'apparence de mon petit démon consumériste, personnalisé sous la forme d'un module publicitaire hyper efficace (qui me ressort les dernières chaussures sur lesquelles j'ai flashé).

D'autres fois, j'ai un sursaut de l'époque où je vidais compulsivement mes cookies, pour être certaine que mon intimité technologique ne serait pas violée. J'efface tout d'un clic et me retrouve - sinon vierge, au moins nue - de tous mes identifiants et mots de passe précédemment enregistrés.

Bref, et mes dix ans de web n'y changent rien, je me demande encore si on doit craindre de se retrouver dans l'impasse de l’hyper-individualisme ou se féliciter de cette dimension nouvelle accordée à la personne. Ah, le WEB...

[EDIT] pour ce module publicitaire Criteo j'avoue que la première fois, je me suis presque laissée convaincre que mes repérages chaussures -improbables et so british- étaient tellement tendance que je les voyais sur toutes les pubs de tous les sites que je visitais. Victime du marketing ? Oui, Monsieur !