Ce matin la FEVAD a rendu publics les chiffres du ecommerce 2011. Des chiffres spectaculaires en cette période de crise économique, qui affecte particulièrement la France et dont on ne voit pas quel candidat pourra nous en sortir...

Enfin si au moins un candidat accordait un peu d'importance aux chiffres de la vente en ligne et du web en général, il y verrait que le secteur se porte bien !

37,7 milliards d'euros dépensés en 2011, soit une hausse de 22% par rapport à 2010, avec près de 31 millions de cyberacheteurs.

La barre des 100 000 sites marchands a été dépassée avec la création de 18 000 sites en 2011. Soit autant d'entreprises créées et de chômeurs en moins... Effectivement si on compare ce chiffre au taux de chômage proche de 10%, ce n'est qu'une goutte d'eau. Mais avec des milliers de gouttes d'eau, on crée un océan. Et c'est en regardant chaque petite affaire créée, chaque poste proposé par ces start up, toutes les charges sociales versées à l'Etat, qu'on se rend compte que si le gouvernement accordait autant d'importance aux nouvelles technologies qu'il en accorde à l'industrie ou à l'agriculture, nous les acteurs du web pourrions faire de grandes choses.

Vues les mesures d'austérité qui sont prévues ces prochains mois, ce n'est pas gagné, voire même inenvisageable. Quel candidat a proposé de favoriser l'investissement en capital dans les start up ? Ou de réduire les charges sociales pour chaque emploi crée dans le web ? Ou encore favoriser l'accès au crédit à taux réduit pour les sites de vente en ligne ?

Aux USA, les sociétés de Capital-risque investissent chaque année plusieurs dizaines de milliards de dollars, alors qu'en France, les mêmes ne parlent qu'en dizaines de millions d'euros.. Même ramené au nombre d'habitants on note le décalage abyssal qui existe entre nos 2 pays. Un pays qui innove, investit, relance la création, contre un pays qui s'enlise à sauver une industrie vieillissante, une agriculture qui ne survit que de subventions et qui ne voit pas tous ces jeunes motivés qui rêvent de monter leur entreprise mais qui n'en n'ont pas les moyens, ou ces sociétés qui aimeraient embaucher de bons profils mais qui ne les trouvent pas.

Les candidats nous disent lutter contre la délocalisation, mais voient-ils que les entreprises françaises n'ont pas le choix ? Le coût du travail, seule raison avancée par les médias, n'est pas uniquement responsable. Les formations ne sont pas adaptées, l'accès au crédit est quasi inexistant, trouver un investisseur relève du parcours du combattant, et j'en passe : louer un bureau, le 3D Secure, l'anarchie du RSI, les retards de la poste, les changements de TVA... Se lancer dans le web, ce n'est pas de tout repos !

Heureusement le web est fait de gens formidables, qui se battent chaque jour pour avancer, créer de l'emploi, innover, faire bouger la France et le monde. Il n'y a qu'à voir l'émulation qui règne dans les soirées web que j'organise chaque mois. D'une quinzaine de personnes, nous sommes passés à plus de 50 le mois dernier et sûrement une centaine la semaine prochaine. Autant de créateurs, d'étudiants, de représentants de gros sites, de société de marketing, de la FEVAD et cie qui repartent à chaque fois encore plus motivés, fiers de ce qui a déjà été accompli, boostés pour de prochains challenges. Mais aussi et surtout, sûrs et certains que le web et le ecommerce font plus qu'ajouter leur petite pierre à l'édifice qu'est l'économie française !