Dans les cabines téléphoniques, il y a cette odeur unique et un peu âcre, ce bruit de la porte métallique qui se referme en grinçant, ces pictogrammes qui paraissent tellement datés...

Avant qu'elles ne disparaissent totalement du paysage urbain, j'y suis entrée juste le temps de faire quelques clichés de l'appareil aux courbes grises, des touches métalliques maculées, des vitres sur lesquelles ruisselaient quelques gouttes de condensation.

C'est tout con, mais ça m'a donné le sourire. Sans doute à cause des souvenirs des nombreux coups de fils passés derrière leurs vitres, quand j'étais étudiante, combiné au plaisir de faire des photos juste comme ça.

Souvent, je prends des séries de photos d'objets, sans vraiment savoir ce que je vais en faire. Elles ne sont pas assez bonnes pour que je prenne la peine de les éditer, mais pas assez mauvaises non plus pour que je les efface de mon disque dur.

Je me demande si, en regardant cette photo dans quelques années, je me souviendrai précisément de ces sons et de toutes ces odeurs. L'appareil photo, cette machine à capturer des instants...