Malgré le fait que je sois une fumeuse invétérée, j'ai une excellente mémoire olfactive. La plupart mes souvenirs s'attachent d'ailleurs à des odeurs, parfois plus qu'à des images, et je serais capable de reconnaitre les gens de mon entourage les yeux fermés, rien qu'à leur odeur.

Au panthéon des petits plaisirs procurés par mon nez se trouvent à égalité l'odeur d'encaustique d'un meuble ancien, celle d'une compote qui bouillonne, le parfum des fleurs à la tombée d'un jour d'été, l'odeur doucereuse des cheveux de ma fille et celle -marine- de la peau après l'amour.

Au delà de l'odeur des instants, j'aime aussi celle des objets neufs. Je fais partie de ces renifleurs de grand magasin, ceux qui sentent avec délectation l'habitacle d'une voiture neuve, qui écarquillent des narines frémissantes au dessus d'un cuir lisse, et qui aiment entrer dans une librairie rien que pour l'odeur rassurante du papier mélangée à celle de l'encre.

Pour autant, je ne sais que penser de cette bougie repérée en ligne chez Colette. Clin d'œil à tous les petits plaisirs olfactif que j'évoque ci-dessus ou comble du consumérisme ? Peut-être les deux... Dans le doute, je pense que je ne prendrai pas le risque d'aller la renifler au magasin de la rue St Honoré.