Par Mathilde le mercredi 28 mai 2008 à 11:32 :: La petite histoire de Bagatelles :: #1545
"Combien ça coûte" est une des questions qui tombe le plus souvent dans ma boite mail. Et c'est également une de celles qui demande le plus de précautions quant à la réponse qu'il faut lui apporter.
En un sens, en se débrouillant bien, on peut trouver le moyen d'ouvrir sa boutique en ligne, pour un budget n'excédant pas quelques milliers d'euros. Néanmoins, à ce prix là , on met les mains dans le cambouis pour se créer un site, on se bricole un logo, et on commence sur un tout petit stock.
A mon avis, si on part sur ce type de schéma, les seuls modèles viables sont les marchés de niche. C'est plus facile de se faire connaitre avec offre vraiment différente et de se démarquer par l'originalité de ses produits, que d'aller se battre sur un secteur ultra concurrentiel en réduisant ses marge à peau de chagrin.
Il suffit d'un minimum de bon sens pour réaliser que démarrer avec quelques milliers d'euros, sur un secteur où les marges moyennes tournent autour de 30%, et où dix autres sites proposent les mêmes produits, c'est risqué. Surtout quand on se retrouve tous alignés au sein de la même page d'un comparateur de prix.
D'abord il faut penser la boutique. En amont parce qu'on ne va tout casser et tout refaire deux mois après l'ouverture. Il faut penser taux de rebond faible (faire en sorte que les visiteurs ne ressortent pas tout suite), optimisation taux de conversion optimisé (faire en sorte que les visiteurs deviennent des acheteurs) et taux de fidélité élevé (faire en sorte qu'ils reviennent).
Une fois que la boutique est prête, jolie, fluide agréable, il faut aussi la faire connaitre. Pour utiliser une image qui parle à tous, on va dire qu'il faut la transférer progressivement de la petite impasse des débuts vers une jolie rue commerçante. Côté soleil, si possible.
Partant de là , trouver le juste équilibre pour générer du trafic sur son site, ne pas déraper au niveau des coûts publicitaires, et gérer la croissance de l'activité sont autant de contraintes auxquelles l'e-commerçant devra se soumettre.
Contrairement aux apparences, un site qui est ouvert 24/7 demande beaucoup d'investissement matériel, technique, financier. A ce propos, sur le nombre de nouvelles boutiques qui ouvrent, j'aimerais bien connaitre la proportion de celles qui ferment.
Bref, et c'est là qu'intervient mon coup de gueule, il faut arrêter de vendre le web comme un nouvel eldorado. C'est juste un canal de vente différent, avec ses spécificités et de nombreuses réussites, mais aussi ses échecs. Réfléchissez bien avant de vous lancer...







Commentaires
Et ben !
J'aime bien quand tu fais ce type de note et effectivement ce n'est qu'un miroir aux alouettes si c'est vendu comme ca !
Bon, en fait, la vérité c'est que le commerce en ligne, c'est tranquille, tu passes tes journées à glander sur le web... Mais faut pas que ça s'ébruite, sinon on sera trop nombreux ;-)
Intéressant ton point de vue sur le sujet.
Une question : combien coûte réellement le lancement d'une boutique comme Bagatelles. Parce que si tu ouvres une boutique de cadeaux dans une ville par exemple, tu vas acheter un fonds de commerce, devoir l'aménager, etc. et ça fait un gros investissement de départ. Vu de loin, on a quand même l'impression que c'est moins cher de créer un site.
Glander sur le web certes, mais à partir du moment ou tu le fais 7j/7 on peut dire que ca devient un vrai métier de ne pas perdre son temps sur le web !
Marlène > je n'ai pas la moindre idées des coûts à ce jour. Disons qu'en apport perso et en garanties, j'étais sans doute au-dessous de ce qu'on aurait demandé pour ouvrir une boutique classique.
Benoit > j'ai beaucoup progressé en optimisation de mon temps de web. Notamment en arrêtant de consommer à gogo les services communautaires, qui étaient dans mon top 5 de ma perte de temps en ligne !
Et sinon, comment ça se passe chez Boatiful ?
Article intéressant. Pour rebondir sur le commentaire de Marlène, il est vrai que si l'on veut démarcher plus loin que sa ville, le web reste quand même ultra pratique. Mais rien n'empeche de faire les 2 (ah si les sous). C'est d'ailleurs quelque chose que j'ai remarqué: lorsqu'une boutique en dur me plait, je cherche systématiquement si elle a un site.
Pour fini je trouve qu'il manque juste un point dans la reflexion: la logisitique. Element clé pour le client, le fameux dernier kilometre n'existe pas si l'on souhaite monter sa boutique en dur. Attention ici, il faut savoir quel type de logistique on met en oeuvre, avec qui, à quel prix etc. Et ne pas passer à coté des alternatives intéressantes du type Kiala. (je pourrais en parler longtemps c'etait le sujet de mon mémoire!)
A ce sujet, quelle a été la démarche logisitque pour bagatelles?
Point de vue intéressant et que je partage.
Je vais faire un parallèle avec mon expérience un peu similaire. Bien que n'étant pas e-commerçant. Comme je propose du service, donc pas de stock, frais de fonctionnement réduits etc, je vous laisse imaginer le fantasme général de pouvoir créer sa boîte avec 1€ de capital.
Je suis souvent contacté par des aspirants-concurrents qui sont effarés quand je leur dit que j'ai démarré avec 8000 Eur et qu'en 10/11 mois d'activité, j'avais bouffé mon capital. Bah oui, mais faire créer un joli site au départ avec logo et compagnie, fonctionner, de déplacer, se faire connaitre, tout ça a un coût.
Ca va plutôt bien...On attaque le gros rush de l'été ( un second noël !) : du coup 2 recrues pour le site web et un vendeur pour la boutique réelle sur Toulouse...
A propos des apports financiers, un site marchand bien fait demande un investissement certes moins grand qu'une boutique mais un investissement qui doit etre considéré comme tel... Et non pas simplement comme de l'achat de prestation web.
Pour info : J'ai entendu dire que 90% des sites qui vendent en ligne réalisent moins de 10 commandes par mois...Le ecommerce, c'est comme une galaxie, il faut je pense une taille minimum et surtout savoir être visible ( ce qui peut ne pas avoir de rapport avec sa taille)...
J'aime bien le terme Eldorado ! Ca résume bien effectivement, l'impression de pas mal de personnes. Or le commerce est ligne, c'est ni plus, ni moins facile que le commerce traditionnel. C'est un canal différent avec des contraintes différentes. L'avantage est quand même que l'on peut débuter avec un coût raisonnable (par ex. sans 2 mois de loyer de garanties et autres joyeusetés d'une boutique traditionnelle.)
L'idéal pour moi serait de concilier une boutique en dur et en ligne. Ca divise les coûts, mais cela nécessite de bien maîtriser les 2 canaux ...
Intéressante la statistique de benoit sur les 10 commandes par jour pour 90 % des sites e-commerce ...
Trop de personnes pense que c'est facile.
Trop sous estiment la logistique qu'une VAD impose
Je confirme, vendre en ligne n'est pas facile du tout. L'investissement n'est pas neutre. Et il faut une organisation sans faille car bosser depuis la maison, hé bien c'est souvent un piège.
Cependant, une boutique en dur implique + de stock, + de pub et un loyer souvent ... exhorbitant (bonjour les frais fixes)
Manu > tu soulèves un point intéressant : les frais fixes peuvent être réduits plus facilement dans le cas d'un démarrage sur une petite boutique en ligne.
Mais le risque - comme ailleurs - c'est de bouffer tout son capital et de n'avoir plus les moyens de se payer ni pub ni renouvellement de stock.
Aesa > tu peux nous en dire plus sur la question logistique ? Des infos sur les points relais m'intéresseraient !
4000€ de départ pour Prestille, on va voir ce que ça donne mais on y croit fort!
Le conseil que moi je pourrais donner c'est d'avoir une autre arrivée d'argent ou des économies pour le début de la boutique. Tout ne se fait pas du jour au lendemain et il faut continuer à payer son loyer.
Pour ma part, avoir eu un job alimentaire au début de ma boutique était indispensable, ça me laissait le temps de ne trop stresser et être serein.
Après quelques mois tout va bien, je suis cool, mais si je n'avais pas eu cette "tranquilité", je ne serais peut-être plus là .
Comme dit Mathilde, le web, c'est juste un canal de vente différent et qui demande pas mal de boulot.
@Mathilde : je suis tout à fait en phase avec ton billet.
J'accompagne des entrepreneurs dans leur projet web depuis 4 ans (je suis à la tête d'une petite agence web à Auxerre en Bourgogne), et les 'institutionnels' sont souvent à côté de la plaque quand il s'agit d'Internet comme canal de vente.
Pour mener à bien sa barque en tant qu'entrepreneur e-commerçant, il faut connaître son marché, ses produits, gérer ses fournisseurs, gérer sa logistique, son stock, avoir un marketing en-ligne du tonnerre, et avoir 'designé' une interface qui va plaire et qui va inciter les clients à revenir...
Simplissime, n'est-il pas ? ;-)
Je n'ai pas de données quanti sur le taux d'échec de projets e-commerce ; mais mon expérience perso à ma petite échelle me montre qu'1 sur 2 est mort au bout de 2-3 ans...
En ligne avec les taux d'échec global des entreprises tout secteur confondu, autour de 50 % au bout de 5 ans : www.isaa.fr/Cr%C3%A9ation...
Il ne faut pas oublier un point essentiel de la boutique en ligne/boutique en dur: la concurrence! En effet il est beaucoup plus facile pour le client de comparer les prix et je crois (je pense en tout cas) que la majorité des achats se font sur le net pour cause de prix moins cher.
De plus se faire pomper une idée en dur est plus difficile que sur le net. La seule solution "viable" et de ne pas être distributeur (où la concurrence est vraiment rude et de plus en plus face à de gros aux reins solides) mais plutôt être "fabricant" comme Mathilde l'a fait en créeant ses propres cadeaux, ce qui ne l'a pas empêché d'être copié. Garder une bonne idée sur le web est très dur. Mais je comprends pourquoi il est considéré comme plus facile de monter sa boutique en ligne qu'en dur: moins cher au départ, possibilité de garder une activité à côté au début (avec 2 bémols 3 dièses quand même)
Clairement se pose le problème de la visibilité . C'est le point noir du e-commerce, car ce n'est pas comme une boutique qui a pignon sur rue.
Les frais de communication hors web sont exorbitants. Je pense que les stats de Benoit sont tout à fait plausible.
Mais il est vrai que contrairement à une boutique réel, le risque est moindre, et je pense que cette notion prend un grande importance lorsqu'on se lance dans un projet de création d'ecommerce.
Normal, même en économie, plus le risque de perde est petit, plus la rémunération attendue va être faible.
Complètement d'accord avec l'article de Mathilde. J'ajouterai que vendre sur internet fait appel, notamment en terme de marketing, de compétences et d'un savoir faire très différents de ceux nécessaires à une "boutique en dur". On n'est pas dans le même monde, l'approche doit être différente et ne s'improvise pas!! Quant à gérer les deux en parallèle, notamment au démarrage donc sans ressources humaines, cela me parait vouer à l'échec les deux projets, chacun étant très chronophage avec des logiques différentes.
ON voit que les sirènes ont une longue vie devant elles au sein de ses organismes d'aide. Ils envoient les créateurs au suicide dans une jungle qu'ils ne connaissent pas forcément avant de faire murir leur projet !
@Corinne: "vendre sur internet fait appel, notamment en terme de marketing, de compétences et d'un savoir faire très différents de ceux nécessaires à une "boutique en dur"."C'est pour ça que le marketing en ligne c'est du e-marketing. Là , le "e-" est important : )
C'est bin vrai ma bonne dame.
Bravo Mathilde ;o)
@François: merci pour la précision au niveau de la terminologie (discipline à part qui ne figure pas encore vraiment au programme des grandes écoles et universités...une lacune à combler).
Ce que je voulais dire c'est que l'alternative n'est pas qu'une question financière mais bien aussi de compétences et d'organisation (cf plus haut les problèmatiques de stockage,logistique,...)
D'accord à 200% avec ton coup de gueule Mathilde, faut arrêter de croire que le web c'est pas un vrai métier (bien au contraire, on doit maîtriser des dizaines de métiers !)
C'est vrai qu'on peut monter un e-commerce pour presque rien : NDD et hébergement pas cher, script de boutique gratuit, pas de référencement payant, logo maison, y'a quasiment que le stock à acheter dans ce cas là ... ouais mais sauf qu'une boutique comme ça ne fera pas de vente non plus ! Alors à terme ça risque de coûter plus d'argent que d'en faire gagner, donc y'a pas de secret, faut faire des investissements lourds comme dans tous les secteurs, c'est aussi simple que ça ! Ceux qui prétendent le contraire ne connaissent rien au web, tout simplement.
Marie-charlotte>je ne suis pas d'accord avec toi. C'est pas parce qu'une boutique est "roots" qu'elle ne vendra pas. Ce qui fait marcher une boutique (virtuelle ou réelle) c'est le produit. S'il est bon il se vendra. Beaucoup de gens pensent à faire la boutique (le design, le logo) avant de la créer (penser les produits)
Tu peux très bien mettre en vente tes produits dans un site pas tout à fait terminé (au sens design) et l'améliorer au fur et à mesure des rentrées d'argent. Après il faut quand même un minimum, bien entendu. Le Logo et le nom sont importants car tu payes pour les avoir donc il faut un minimum pour savoir ce que tu veux.
Réflexions très intéressantes...... La boutique en dur coute très cher en investissements : local, personnel, stock. Une boutique en ligne coûte certainement moins chère qu'un pas de porte mais il y a des coûts à ne pas négliger comme SE FAIRE CONNAITRE; car avoir un beau design, un beau logo et des supers produits ne suffisent pas. Si vous ne vous faites pas connaitre ou si l'on ne vous trouve pas sur la toile, les ventes vont avoir du mal à se faire et ceci même en étant sur internet et en ayant des millions de clients potentiels. La Pub, le référencement naturel et tout ce qui va avec coûte cher en finances et en temps. Et vu de l'extérieur ces coûts sont difficilement appréhendés et quand on voit un site en première page de google on a l'impression que c'est super simple et que le CA explose. Dans tous les cas, sans un minimum d'investissements il sera difficile de durer sur internet tout comme dans un quartier.
Méééé non qu'est ce que vous racontez ??!! e-commerçant c'est super simple et facile.
1. Avec 3000 euros tu ouvres une boutique. Pas grave si la banque te prête pas d'argent (car elle pense que le e-commerce c'est risqué, n'importe quoi !), tu n'as pas vraiment besoin de plus pour créer un site.
OK, ta boutique a l'air de rien, mais c'est pas grave, le client est attiré uniquement par les prix moins chers du web.
Et puis c'est bien connu, tous les grands sites e-commerce qui ont réussi comme pixmania ou amazon ont démarré avec 500 dollars maximum.
2. Pour le e-marketing, c'est un métier d'expert. Ca ne sert à rien de dépenser autant d'argent et de passer des heures à apprendre les techniques du SEO, d'adwords, de l'affiliation, de l'emailng, des shopbots, etc.. alors qu'il suffit d'ouvrir un blog et qu'avec ça tu vas cartonner. C'est sûr.
3. La logistique, la gestion des stocks ? Mais c'est juste mettre des produits dans des cartons. Tout le monde sait faire ça voyons.
4. La marge ? Mais à quoi ça sert de faire X2 ou X3 comme dans le commerce traditionnel puisque t'as quasiment pas de charges fixes..
comment ça un local pour gérer son stock c'est dans les charges fixes ? Ah vous êtes surs ?
5. Ah bon, il te faut un certificat VAD ? Pfff c'est bon pour les gros sites ça. Aujourd'hui, il suffit de mettre Paypal et en France tout le monde est rassuré.
6. Le service client ? Mais c'est simple, on est tranquille chez soi à répondre aux mails, au lieu de s'embêter dans une boutique en attendant que le client passe.
Oui, c'est vrai qu'on a autre chose à faire.. mais on le fera après non ?
7. Pour gérer la sur-concurrence sur le web, il suffit de baisser ces prix et le tour est joué.
8. En plus, pas besoin de bosser le samedi. Ni à nettoyer ton local.
Bref, c'est vraiment la planque. On se fait beaucoup d'argent en travaillant peu.
Un peu comme enseignant ou musicien, d'allleurs.
Moi je ne vois pas où est le problème. C'est pas que le web soit un eldorado, mais c'est vrai qu'il apporte certaines facilités de démarrage. Cela ne m'étonne pas que les organismes d'accompagnement le propose comme possibilité.
De toute façon, on se lance pas en ayant les mains dans les poches. Un entrepreneur qui a la tête sur les épaules va faire une étude de marché de son projet, et au mieux comparer une boutique physique avec un boutique en ligne, afin qu'il voit là où il va avoir le plus d'investissement.
Il ne faut pas penser que frais publicitaires sont important sur le web, à moins qu'on souhaite tout dépenser en AdWords, je ne le souhaite pas. Un bon référencement naturel, un bon buzz, un blog, une petite communauté autour de son projet et ça porte ses fruits !
Et puis tout dépend de l'activité commerçante. Moi ça va, je fais de la réservation hôtelière en ligne, j'ai pas de stock à gérer, pas d'atelier, pas de petites mains pour faire les colis. Donc en ce qui me concerne, le commerce en ligne je le conseille.
Tout a fait d'accord. L'idée de dire "tu n'a pas assez d'argent pour une boutique en ville, lance toi sur internet" est totalement idiote : l'approche est fausse. Il serait complètement inutile d'ouvrir une Nieme boutique de fringue sur Internet, si elle n'est pas capable de se différencier.
La clé est bien là : se différencier.
Là , ou dans une boutique, un bonne emplacement permet d'assurer le lancement de la boutique, sur le web ce n'est pas la même chose !
Sur le web, un lancement est beaucoup plus long, il faut du temps et il faut avoir envie de prendre en compte les spécificités du web... et il y a beaucoup de chose à apprendre.
Donc non, définitivement ouvrir une boutique en ligne n'est pas une alternative pour ceux qui n'ont pas l'argent pour ouvrir une boutique en ville !
Rémian>Et pourtant beaucoup de gens se lancent dans la création d'entreprise sans réflèchir. J'en connais un qui avait démisionner pour créer un magazine qui n'a pas eu de n°2 parce qu'il n'avait pas vendu de n°1: il ne s'était même pas renseigné sur la distribution en kiosque et il n'avait pas assez de cash pour supporter des débuts difficiles ou sans aucune vente. Un vrai amateur quoi, mais qui a perdu son job et du fric...
@Jarvik: héhé. Très bon :)
Bonsoir
Il ne faut pas en effet se leurrer. Créer une entreprise sur le web coûte .
Mettez bout à bout les frais de création de la boite, l'expert comptable , l'achat du stock , la création du site
Sans compter le budget marketing et les frais engendrés par kelkoo ou le guide ...
D'ailleurs Mathilde dans un de ses premiers Post évoqué je crois la somme de 14000€ ( avec 3 zéro )
Donc clairement il faut décider d'y mettre certains moyens. Certes raisonnés , mais il faut savoir investir
Quant à avoir le bon produit implique forcément de sortir du lot et périniser son entreprise , je n'y crois pas , ou du moins pas seulement !
Sur la toile il faut etre visible , se démarquer , faire parler de soit.
Mais cela ne se fait pas du jour au lendemain et il faut trouver les bonnes pistes....
bonsoir,
travaillant chez un éditeur de solution e-commerce je ne peux que confirmer que malheureusement beaucoup se lancent en croyant que le web est l'eldorado. Il m'arrive de voir des nouveaux marchands partir avec des budgets de communication de moins de 1000 euros... pour une année alors qu'ils sont sur des marchés ultra concurrentiels (vêtements, bijoux...).
Lancer un site e-commerce c'est facile mais faire une boutique en ligne qui marche reste une tache difficile qui demande du temps, des compétences variés, une réelle capacité à apprendre vite et à se remettre en cause car par la force des choses un e-commercant doit avoir quelques connaissances en matière de référencement, liens commerciaux, achats, merchandising....
Combien de temps faut-il en moyenne pour arriver à l'équilibre, puis par gagner de l'argent (se verser un salaire, le smic)?
On parle pour les magasins de 3 ans, qu'en est-il dans le ecommerce?
Quand tu n'investis pas de l'argent,
tu dois l'investir en temps (et ça reviens au même) !
ça c'est valable partout, y compris dans les PME :
j'en sors (10 ans d'expérience) où on te demande
tous les 4 jeudi de sortir une idée géniale qui coûte rien (parce que tu sais restriction budgétaire !).
La différence c'est le poids du risque !
(enfin sauf si dans la e-boutique tu as des investissements lourds type machines auquel cas ça doit revenir au même entre "click & mortar" (c'est comme qu'on disait en web 1.0)).
Je n'ai pas encore ouvert, donc je vais pas la ramener...
Ce qui est sûr c'est que je n'aurais pas quitté mon job (pas trop mal payé, boîte de 600 personnes, 3 bouches à nourrir), il y a 5 ou 10 ans avec la première bulle internet, l'esprit start-up et dents longues, business angel et tour de table : c'était pas à ma portée tout simplement !
Bon là , ça me semble l'être beaucoup + !
(moins de risque, moins cher, + facile, + porteur)
Maintenant on a jamais rien sans rien :
1/ un grain de folie
(si on regarde que les chiffres, on fait rien)
2/ du temps sans compter
(avec le soutien de ses proches indissociables)
3/ une bonne idée
(au moins une à laquelle on croit à fond soi-même)
4/ un peu d'argent quand même
(économie personnelle, contributions des proches, prêt bancaire, prêt d'honneur, Oséo, etc.)
5/ un ordinateur
(moi c'est un Mac, je préfère)
6/ de multi-compétences
(ajouter plein de nouvelles casquettes, c'est l'essence même de ce type de projet, quelque soit la taille, ou le produit)
7/ un blog
(ça peut aider, en tous cas moi je le pense, mais Mathilde pourrait sans doute nous en dire + sur cet aspect web 2.0)
Sinon, ce qui énerve le plus c'est les gens qui y comprennent absolument rien, et qui n'ont que des clichés lu dans Marketing magazine, et aucune pratique.
(200 % d'accord)
Sinon t'es pas mal remontée en ce moment :
c'est pas les n "D" des fois ?
(Décès, Divorce, Désastre, Déménagement...)
oups j'ai fait un peu long : sorry !
Pop > tout à fait d'accord avec toi sur ces éléments essentiels, c'est bien résumé. Pour le blog, je n'ai pas assez de recul, mais ça peut aider au moins pour le référencement du site.
Déménagement ? D-Stress ?
;-)
Un article intéressant, comme souvent quand tu parles de e-commerce.
L'eldorado, le web, oui.
Je regrette pour ma part le manque de compétences e-commerce de la plupart des acteurs qui financent (banques, france initiative etc...).
Les gens ont beaucoup de préjugés sur le fait de vendre sur Internet et sur le fait que ça soit facile.
Donc...Jarvik +1 !
Allez j'y retourne, j'ai plein de temps à glander aujourd'hui, et bloguer (sur le blog des autres en plus ^^) c'est du temps de travail...pfff.
Pop > tu en as deux de bons ;-)
Pangloss > ça me renvoie à l'article de Mrboo sur le fait de travailler à la maison. Les gens ont l'impression que c'est une planque et qu'ils peuvent te solliciter n'importe quand. Ben avec le commerce en ligne, c'est pareil ^^
Je crois qu'une des grandes différences avec la boutique physique c'est que sur le net, dès que tu arrêtes de promouvoir ta boutique, c'est comme si tu disparaissais du trottoir.
Sans compter le fait que si quelqu'un regarde les produits de ta boutique, tu ne peux pas aller le conseiller pour augmenter tes chances de conclure la vente (ok des solutions commencent à arriver avec des softs de visualisation du trafic temps réel et de contact direct par messagerie instantanée mais c'est pas encore ça).
Mathilde > c'est un joli coup de gueule, bien placé. Je pense à l'expression "plus jamais ça" connue après le choc de la bulle, et puis il y a eu le web 2.0 qui malheureusement n'a pas toujours capitalisé sur les raisons d'échec du web 1.0 (encore eut-il fallu qu'il y ait eu un web 1.0 et un web 2.0). Alors il faut détruire cette image de facilité dans le "créer sur internet", non le web n'est pas un eldorado mais un canal supplémentaire qui peut humblement tirer des leçons du mortar. No revolution. Bon billet Mathilde
Jarvik > Chapeau bas Mister
j'ai eu un exemple frappant d'une copine entrepreneur (on dit entrepreneuse ?) qui a monté sa boutique "en dur" comme elle dit et c'est vrai qu'elle a un bel emplacement en centre ville, elle a réussi à ouvrir en 3 mois (travaux + négo avec les fournisseurs...) depuis ça tourne très bien, elle n'a pratiquement pas investit en com, elle fait du traditionnel et les banques l'ont suivie... elle a déjà embauché 2 vendeuses et elle ne travaille pas le dimanche, le lundi et 1 samedi sur 2. Quand elle voit le temps de développement et de lancement de notre site, elle a vraiment l'impression d'avoir fait le bon choix... je pense qu'elle a raison.
Fraîchement débarquée dans l'univers e-commerce, je n'en suis plus au stade de me demander combien j'ai investi (sans doute moins que pour un pas de porte) mais quand et comment faire rentrer de l'argent ! Bien moins évident que vu de ma fenêtre il y a 8 mois, pensant que la page 1 de google serait finger in ze nose.
w-e, vacances, RTT n'existent plus et j'ai envie de mordre quand on me répète "alors ça fait quoi d'être à la maison et de ne plus bosser ?".
Alors que mes 4 loulous vont bientôt m'appeler "Madame"... ;-)
Merci de ton post, d'utilité publique.
Bonjour,
Je découvre le site Bagatelles et j'aime beaucoup ton témoignage d'entrepreneuse puisque je me sens très concernée. J'ai lancé ma boutique en ligne il y a 8 mois et il est vrai que je me suis très vite rendue compte de l'investissement financier, humain que ça représentait.
Cependant, les sous ne rentrent pas aussi vite qu'ils sortent, et pour continuer je cherche à faire un tour de table. Est-ce que quelqu'un a eu cette expérience et sait à qui je peux m'adresser ?
Merci !
Lili
comme il a été dit ça dépend vraiment du marché. Pour de l'artisanal et/ou des marchés de niche je pense qu'effectivement ce sera plus "facile". Ou tout au moins que le jeu en vaudra la chandelle > l'investissement de base est moindre, on a l'impression de prendre moins de risque (le frein psychologique peut être important pour une boutique en dur je pense). Pour du T-Shirt c'est sûr que c'est un mauvais calcul je pense.
Perso pour la décision je pense que plusieurs critères sont à prendre en compte
Produit/ Marché
Capacité d'investissement
Adéquation du mode de vie avec l'entourage.
Lili > pour un tour de table, facile. 1) tu prends une table. Tu fais le tour. Et hop, voilà qui est fait (rires). Bon ok, je sors
Mathilde > bon coup de gueule et tu as bien raison de le pousser. 2 marchands sur 5 au minimum sur les presque 40 000 boutiques eCommerce ne survit pas à la 2ème année. Sous estimation évidente des investissements à consentir pour avoir une boutique efficace & visible. A condition encore d'avoir de bons produits vendus aux bons prix, à de bonnes personnes...
Cela me rappelle une phrase "dans la rue vers l'or ceux qui ont fait fortune, ce sont les marchands de pelles & de pioches..." A méditer ;-) Bon ok je suis prestataire mais c'est pas une raison (rires)
Sinon prochains Panthère's Club mardi 3 juin (Lyon), jeudi 25 septembre (Paris), mardi 18 novembre (Lyon).
C'était la pub ;-)
A bientôt
/Olivier
"commentateur de la nuit"
PS > énorme les règle des 5 D (divorces - décès - déménagement - et les 2 autres j'oublie...)
Démission, Déprime (Désastre, Détox, Disrupt, etc.)
/O > Prochain EA le jeudi 5 juin à Paris. Pour les autres on a pas de visibilité parce qu'on est totalement désorganisés ;-)
Pop > bouge pas, j'ouvre mon Robert ^^
Mathilde> je serais curieux de savoir si tu as réussis à récupérer ta mise de départ (si tu ne l'as pas réinjecter direct par exemple)
Parce que casser son petit cochon c'est bien mais le but c'est de le retrouver et si possible engraissé. Les économies servent à passer les coups durs, si tu les mets dans ta boîte tu te retrouve un peu tout nu face aux aléas de la vie (et Dieu sait qu'ils sont nombreux) et il vaut mieux éviter de rester trop longtemps dans cette situation.
De même au bout de combien de temps as-tu pu te payer un salaire déçant (pas forcément mirobolant)?
Parce que j'aimerais bien me lancer mais autant je suis conscient des risques que je prends autant la partie gain me semble extrèmement vague et floue.
D'autant plus que beau-papa ayant une boutique qui ne marche pas fort, sa perspective de retraite a de quoi faire peut n'importe quel RMIste...
Donc beaucoup de risques mais est-ce que cela en vaut vraiment la chandelle?
Une foule de commentaires interresants, du coup je ne peux qu'apporter ma petite pierre.Je crée moi aussi un e-shop, en ce moment que j'espère ouvrir en Aout.Si cela vous interresse, je partage avec mes lecteurs mon parcours sur mon blog.L'adresse est en lien.
Donc,je connais bien la réalité des chiffres, qui en effet n'est pas aussi fcile qu'on pourrait le penser. J'ai été suivit par un organisme pour réalisér mon prévisionnel.
Lors des premiers rendez vous, lorsque la personne m'a annoncé que d'après les fiches métier de L'apce le chiffre d'affaires moyen sur la première année étaient,de 10000 eurs. J'ai été extrèment surprise et pour cause . Bon , alors je vous l'accord, nous n'avons pas d'éléments sur ce qu'ils appellent site marchand,car on peut imaginer que cela va de la personne qui fait des loisirs créatif chez elle et qui les vends sur une plateforme jusqu'au grand groupe genre La redoute. Mais bon tout de même cela fait réfléchir. Et surtout ça corobore totalement avec ce qui a été dit plus haut
Le e-commerce permet quand même d'aller à Roland Garros en semaine sans poser de RTT, et rien que pour ça, VIVE LE E-Commerce.
Quant au marché tu tee shirt, il se porte mieux. De nombreuses boutiques ont fermé, et il s'en ouvre plus une par jour (ouf !).
Sinon, la vente par le web n'est effectivement qu'un canal de diffusion comme parmi d'autres. Il ne faut pas oublier la vente traditionnelle, notamment en point de vente. Certes, les marges sont moindres mais cela permet le récurrent et de pouvoir faire produire en plus grand nombre et donc moins chere. Donc d'augmenter ses marges, CQFD.
Avec du recul(je ne suis pas e comercant), je touve l'article tres interessant et les commentaires tout aussi informant. Je suis ausi allé à l'APCE acheter le dossier E-commerce et VAD qui donnent seulement de bon contacts et organismes.
En fait, je voulais des chiffres concrets sur le nombre de sites e commerce présent en France et surtout en Ile de France. (SI vous avez des informations ou des contacts à ce sujet, merci par avance).
Je voulais aussi en savoir un peu plus sur le fonctionnement de vos sites et surtout les différents prestataires auxquels vous faites appel. Pour tout vous avouer, je suis photographe, et je voulais savoir si vous faisiez vous même les photos de vos produits (ce que je comprendrais vu les tarifs des autres photographes pros, 30 a 50 euros la photo) . Voilà , est ce que vous pensez qu'il existe un marché sur Paris et sa région pour de telles prestations? Par exemple, Mathilde , fais-tu appel à un prestataire photo ou tu les réalises toi même?
Merci de vos réponses.
Mu > je ne pense pas en termes de petit cochon rempli ou pas, je présume que Bagatelles est mon plan d'épargne à moi. Risqué, mais peut-être plus lucratif à terme qu'un codevi ;-)
Sophie > 10K€, ça fait pas beaucoup, quand même, je n'aurais jamais tenu si j'avais fait ça.
Xavier > il n'y a pas de modèle unique. Personnellement, la vente directe aux particuliers, je ne suis pas encore prête à y venir.
Kafpa > tu peux aller voir du côté de l'ACSEL pour plus de chiffres sur le ecommerce. Sinon, les photos sont faites par un photographe de mes amis, qui me facture les prix que tu donnes, à peu près.
Mathilde>Je ne parle pas de rentabilité à long terme mais à court terme: changement non prévu de voiture, achat d'appart, problèmes de santé grave. Tout sortes d'événements imprévus qui t'obligent à sortir une somme importante rapidement et là malheureusement une société n'y peut rien.
Mu > je vois bien ce que tu veux dire... C'est une question de conscience personnelle du risque, je crois. Si tu n'es pas un peu fou sur ce point, tu ne te lances jamais.
J'y ai déjà pensé, au cas extrême où je serais limite à la rue... Si la situation l'exigeait, je n'aurai aucun complexe à prendre n'importe quel job alimentaire pour m'en sortir.
(ah, et "plaie d'argent n'est pas mortelle" dit ma grand-mère ;-)
Tu as raison, j'ai crée ma boutique en ligne en septembre 2007, et pour la faire vivre, j'ai pris un petit boulot à côté, rien de génial, mais je suis fière de moi.
Je ferais tout ce qu'il faut pour faire évoluer ma petite entreprise,mais en attendant faut bien nourrir la famille.
Mathilde> Je suis ravie de savoir que tu as réalisé plus que la moyenne donnée par APCE au cours de ta premeière année d'activité. Mantenant en tant que createur tu n'as pas de recul et cela reste une base une base départ. Cependant, je t'avoue que cela m'a non seulement surpris mais surtout mis la pression pour réfléchir au mieux au levier marketing..
Mathilde>effectivement faut être un peu fou! Disons que s'il m'arrivait un pépin je pourrai demander à la famille, voir aux amis un coup de main financier mais je n'aime pas penser comme ça, si je prends un risque c'est à moi de l'assumer, pas aux autres donc du coup ça bloque. Ma copine et moi vivons dans 30m², ce qui nous permet d'économiser donc je commence à avoir un petit pécule mais il est "réservé" pour un appart plus grand, pour quand on agrandira la famille (ce qui ne devrait pas tarder à arriver) et j'ai un peu de mal à engager le rêve de ma chérie dans une aventure aussi risquée...
Mu > le premier truc qu'on m'ai dit lors de l'accompagnement à la création d'entreprise a été "bien préparer l'entourage concernant les risques pris, l'investissement personnel en temps...". Et ça, c'est vraiment un truc qui m'avait fait réfléchir, parce que c'est vrai que du jour au lendemain, ton horizon, c'est ta boite.
l'horizon, c'est ta boite, c'est bien dit, c'est à peu près ça, c'est un projet vraiment important de se lancer, surtout pour un couple et parfois il faut bien y réfléchir. Le petit plus du ecommerce est qu'avec une idée on peut se lancer en limitant son endettement... après comme tout projet il ne faut pas trop compter son temps mais il faut aussi se construire des semaines en essayant de se garder des plages de dispo... cela favorise la créativité
Merci pour les informations Mathilde, je regarde ca avec attention.
Mathilde,
Le prochain RDV des entreprenautes associés est le 5 juin ? Pourquoi l'info n'est pas sur le blog ?
Est-ce que l'on peut de joindre à vous ?
Lili > tu peux t'inscrire à la soirée via l'espace qui est ouvert sur Facebook. Il suffit de t'inscrire au groupe Entreprenautes associés et de te déclarer comme présente à la soirée une fois qu'on aura validé ton inscription.
Une soirée entreprenaute, et je n'y serai pas , snif !!!!
snif !!!
bon ok, je plaisantes, de toute façon le soir je ne peux pas trop
pas trés positif ni encourgeants tt ces discours
Christine > je dirais que ces discours reposent les choses, pas négativement, mais invitent à être vigilant. La création d'entreprise en soi est risquée, quel que soit le secteur, mais elle est également riche en apprentissages, en petits bonheurs et en satisfactions.