Petit coup de gueule du jour à l'encontre de certains organismes d'accompagnement des créateurs d'entreprises. Une commerçante en devenir me confie qu'on lui a suggéré qu'avec le peu de moyens et de garanties dont elle dispose, il lui serait plus facile d'ouvrir un e-commerce qu'un commerce "classique". Vrai ou faux ? me demande t'elle.

Le ticket d'entrée peut être bas, c'est attrayant

"Combien ça coûte" est une des questions qui tombe le plus souvent dans ma boite mail. Et c'est également une de celles qui demande le plus de précautions quant à la réponse qu'il faut lui apporter.

En un sens, en se débrouillant bien, on peut trouver le moyen d'ouvrir sa boutique en ligne, pour un budget n'excédant pas quelques milliers d'euros. Néanmoins, à ce prix là, on met les mains dans le cambouis pour se créer un site, on se bricole un logo, et on commence sur un tout petit stock.

A mon avis, si on part sur ce type de schéma, les seuls modèles viables sont les marchés de niche. C'est plus facile de se faire connaitre avec offre vraiment différente et de se démarquer par l'originalité de ses produits, que d'aller se battre sur un secteur ultra concurrentiel en réduisant ses marge à peau de chagrin.

Il suffit d'un minimum de bon sens pour réaliser que démarrer avec quelques milliers d'euros, sur un secteur où les marges moyennes tournent autour de 30%, et où dix autres sites proposent les mêmes produits, c'est risqué. Surtout quand on se retrouve tous alignés au sein de la même page d'un comparateur de prix.

Ouvrir une boutique en ligne, c'est bien, mais il y a des contraintes spécifiques

D'abord il faut penser la boutique. En amont parce qu'on ne va tout casser et tout refaire deux mois après l'ouverture. Il faut penser taux de rebond faible (faire en sorte que les visiteurs ne ressortent pas tout suite), optimisation taux de conversion optimisé (faire en sorte que les visiteurs deviennent des acheteurs) et taux de fidélité élevé (faire en sorte qu'ils reviennent).

Une fois que la boutique est prête, jolie, fluide agréable, il faut aussi la faire connaitre. Pour utiliser une image qui parle à tous, on va dire qu'il faut la transférer progressivement de la petite impasse des débuts vers une jolie rue commerçante. Côté soleil, si possible.

Partant de là, trouver le juste équilibre pour générer du trafic sur son site, ne pas déraper au niveau des coûts publicitaires, et gérer la croissance de l'activité sont autant de contraintes auxquelles l'e-commerçant devra se soumettre.

Contrairement aux apparences, un site qui est ouvert 24/7 demande beaucoup d'investissement matériel, technique, financier. A ce propos, sur le nombre de nouvelles boutiques qui ouvrent, j'aimerais bien connaitre la proportion de celles qui ferment.

Bref, et c'est là qu'intervient mon coup de gueule, il faut arrêter de vendre le web comme un nouvel eldorado. C'est juste un canal de vente différent, avec ses spécificités et de nombreuses réussites, mais aussi ses échecs. Réfléchissez bien avant de vous lancer...