"Tu peux prendre Adèle, cet été ?" .... "non, je travaille"... "mais il faut te demander combien de temps à l'avance maintenant pour les vacances ?" ... "l'été on a du boulot, tu sais, ma chérie". Ma mère est une ancienne femme au foyer repentie. Fiches de paye à l'appui, elle revendique désormais un droit inaliénable à mettre les pieds sous la table organiser son planning comme bon lui semble.

Elle nous a longtemps expliqué qu'elle avait un job à plein temps, en tant que femme au foyer. Qu'être Maman de trois filles impliquait d'assumer une multitude de choses, faire en sorte que la mécanique familiale fonctionne parfaitement, que le frigo soit plein, les lits faits et le linge repassé. Sans oublier d'être aussi une femme, jolie, aimante, souriante.

Elle a fait ça des années, sans le moindre salaire en contrepartie et avec une reconnaissance sociale proche de zéro. Si elle voulait une reconnaissance, c'est du côté de la famille qu'il fallait qu'elle aille la chercher, et avec trois ados à la maison, c'était pas gagné d'avance.

Le jour où on a quitté le nid, une de ses amies lui a proposé un job. Elle a tenté le coup et elle y est restée, pour le plus grand bonheur de son employeur. Elle est capable d'enchaîner des journées plus longues que celles des autres employées, ne se plaint jamais, et est d'une rigueur à toute épreuve. La perle.

Son histoire va exactement dans le sens de l'article sur La ménagère High potential que j'ai déniché sur le blog de Cadremploi. En substance il y est dit que miser sur les femmes récemment retirées des affaires familiales peut s'avérer un excellent calcul pour le recruteur.

Je les crois : le meilleur profil que j'ai jamais eu chez Bagatelles, c'est ma mère. D'ailleurs, Maman, tu veux pas changer de job, par hasard ?