"Exclusif 40 ans après Mai 68, le Nouvel Observateur publie les résultats d'une enquête qui dit tout sur la nouvelle sexualité des Français." titrait-on. Racoleur et efficace. Forcément, j'ai foncé chez mon marchand de journaux pour l'acheter. Forcément, il était bien en évidence, à hauteur des yeux de tous.

Le premier réflexe en ouvrant ce genre de dossier, c'est de se comparer aux chiffres. Ceux de la masturbation, des "actes pratiqués" (les chiffres, c'est froid), de l'âge des pratiquants (on parle de sexe, hein), de l'usage du préservatif, des mutations induites par les nouvelles technologie de la communication...

Certaines données sont hallucinantes, notamment le fait qu'à 11 ans, deux enfants sur trois aient déjà vu un porno (sic). D'autres amènent à réflexion : une femme diplômée aurait une sexualité plus "libre" que sa voisine n'ayant pas le bac.



Au-delà des chiffres, ce qui particulièrement intéressant, c'est d'évaluer -sur quelques décennies- la liberté qui a été prise pour parler de sexe. Si je compare mon expérience à celle de ma mère, des mes grand-mères, de mes sœurs, de mes copines, je dirais que la différence fondamentale entre ces générations repose sur la liberté à parler du plaisir féminin.

J'ai déjà entendu mon père, parler de vibromasseur en précisant que c'était un consolateur, donc un truc un peu honteux. Si moi j'en parle, j'utiliserais plus facilement le mot sex-toy, pour désigner une pratique de plus dans l'éventail des possibles. En une génération, le gap de ce point de vue est impressionnant.

Pour finir à propos de tout ça, sans que je ne parte dans une argumentation de dix pages, comme pour toute évolution, il y a ici des avantages et des inconvénients. Avec cette hypersexualisation de la société, on tend vers une quête de la performance. Et je me demande souvent si amour et performance sont compatibles...