Pour la première fois depuis des années, j'ai rompu avec mon habituel "un sac / un passeport / une improvisation". Voulant faire simple et reposant, je suis partie avec un pack All Inclusive.



Le All Inclusive, c'est bien. Du moins sur le papier. Des offres packagées beaucoup moins chères que si tu partais en vol sec + hôtel, les cocktails à gogo à l'arrivée, la facilité de vivre pendant une semaine sans avoir à te préoccuper de ne pas exploser ton budget, de chercher un restau, de trouver un lit pour la nuit... Une solution idéale quand tu pars en groupe ou en famille.

En revanche, si tu ne te maintiens pas à un degré d'alcoolémie suffisant, il y a peu de chances que tu ne ressentes pas un certain malaise au bout d'un moment. Parce que les pays où la plupart des hôtels proposent des vacances tout inclus sont aussi ceux où le tourisme a fait le plus de ravages.

A vrai dire, je n'assume pas de marcher sur un passage arboré et charmant spécialement construit pour les touristes, pendant que les locaux empruntent l'autre, sale et ravagé. Pas plus que je n'arrive à être le témoin bienveillant d'une prostitution omniprésente.

Ce petit chemin qui nous menait à la plage (privée) porte tous les paradoxes du tourisme de masse, avec ses gardes armés d'un fusil à pompe, te protégeant de toute agression. De fait, si jamais tu sors des sentiers battus, il y a de fortes chances que tu te fasses agresser pour quelques pesos. Mais qui pourra dire quelle est la cause, quelle est la conséquence dans cette situation ?

Au final, je reviens de Saint-Domingue avec un petit goût d'amertume dans la bouche. Le pays est très beau, mais affligé d'un système en pleine putréfaction : seuls ceux qui ont réussi à canaliser le tourisme dans un mécanisme très fermé sont riches (très riches), les autres sont victimes d'une paupérisation croissante.

La prochaine fois, je reprends mon sac et mon passeport. On pourra m'accuser de faire partie de ces gens qui trouvent les plats meilleurs à la carte qu'au menu. C'est vrai. Mais au moins, l'argent que j'apporte dans un pays ne repartira pas aussitôt entre les mains d'un consortium espagnol...