Hier, en voulant regarder un épisode d'une série quelconque, j'ai téléchargé par erreur un film porno. Cela faisait longtemps que ça ne m'était pas arrivé et, sans être allée jusqu'à m'enfoncer entre deux coussins pour le regarder, j'avoue qu'il s'est passé une à deux minutes avant que je ne m'avance vers mon clavier pour fermer la fenêtre de visualisation.

Des dialogues d'Exils, de Toni Gatliff, me sont revenus en tête. Un passage où Romain Duris demande rageusement à sa copine "mais, putain, où est-ce que t'as appris à baiser comme ça ?" et qu'elle lui répond avec des larmes plein les yeux "dans les films porno, comme toi...".

De fait, aujourd'hui un mec de vingt ans a sans aucun doute vu cent fois plus de filles à poil sur son écran que dans son lit (surtout si c'est un geek, d'ailleurs). En deux décennies, il est devenu incontournable qu'une partie de l'éducation sexuelle de chacun se fasse dans le rapport au porno.

Malheureusement, il y a un monde entre le porno du samedi soir, qu'on regardait en cachette, et son omniprésence actuelle, en particulier sur le web. J'en frémis d'avance pour ma fille, autant pour l'image de la femme que ça véhicule, que pour la contre-éducation sexuelle que ça implique.

Comment expliquer à un ado que le plaisir ça n'est pas cette image dégradante violente crue, sur laquelle il va forcément tomber un jour ? Comment dire à mes enfants à quel point il sera important pour leur vie sentimentale et sexuelle de saisir toute la différence entre l'érotisme et la pornographie ?

Pfffuiiii, ça sent les nuits blanches dans quelques années, tout ça. Et pas franchement pour une quête de mon plaisir personnel...