D'accord, il y a des inconvénients, comme la rupture de stocks de kleenex qui t'oblige à te rabattre sur les rouleaux de papier toilette ; le cerveau embrumé et les jambes qui flageolent sous ton poids ; le lit qui est humide et tiède tant que tu y restes, mais humide et froid quand tu le retrouves après une expédition dans la cuisine.

Mais on néglige trop souvent tous les avantages qu'il y a à être malade. A commencer par le fait qu'à partir d'une certaine teinte de ta peau, tu as le droit de te plaindre. Sauf auprès de ta mère qui te souffle dans un demi-sourire que ça fait deux mois qu'elle te répète de te faire vacciner contre la grippe.

Qu'à cela ne tienne, tu es malade. Tu peux donc t'adonner en toute bonne conscience à des activités que tu ne te permets habituellement que de manière sporadique et raisonnée. Comme enchaîner sans complexe le visionnage de deux, trois, voire quatre films. Tu t'en fous, tu as tout ton temps : tu es malade.

Tu peux aussi engloutir des bouquin d'une traite, entrecoupés éventuellement de petites siestes flash, les pages tenues mollement par deux doigts qui transpirent (tu fais d'ailleurs cette découverte incroyable que des doigts peuvent transpirer, des chevilles aussi d'ailleurs).

Et enfin, tu as le droit de faire une pause sur ton blog. Parce que le seul moment de la journée où tu peux enchaîner quelques mots cohérents, c'est le matin au réveil, quand ta température est la plus basse...