Vous ne le saviez pas mais je suis une obsédée des chiffres et des analyses statistiques. Je viens d'extraire l'augmentation du nombre de visites sur le site depuis le début du mois (ci-dessous) pour le comparer à l'augmentation du nombre de ventes.

Elle est un peu au-dessus de mes prévisions initiales. Parti comme c'est, pour cette année (scolaire), il est probable que Noël et la Saint Valentin représentent plus de 50% de mon CA annuel (contre 40% l'année dernière) avec une croissance globale à 65%.

D'un côté, c'est super, mais de l'autre, je ne peux pas m'empêcher de flipper. Chaque matin, je me demande jusqu'où je peux aller. Quelles sont mes limites personnelles sur Bagatelles ?



Pourquoi je vous dit ça ? Parce qu'on ne naît pas entrepreneur. On a des traits de caractères qui font qu'on va prendre plus ou moins facilement le risque de se lancer. Mais une fois le premier pas fait, on n'est pas tous égaux devant les emmerdes que représentent une boite.

J'ai l'impression, en observant les autres chefs d'entreprise, qu'il y a deux types de profil :
  1. Les créatifs

    En général ils sont assez charismatiques, le genre de patron qui manage à l'affect (aimez-moi, suivez-moi, faites ce que je dis mais pas ce que je fais). Ils sont touche-à-tout et vont bidouiller un code source d'une main tout en préparant une conférence de l'autre. Ils aiment prétendre que dans leur boite l'organisation est horizontale (alors que ce sont les pires control freaks qui soient).

    Ils sont abonnés aux plans usines à gaz du genre "attends, ce contrat là, c'est du one shot" (entendez huit mois de boulot) ; ou autres "c'est simple, tu prends le cahier des charges auprès de X et Y, tu développes et tu balances" (entendez dix-sept interlocuteurs et autant de nuits blanches).

    Parmi ces chefs d'entreprise, les meilleurs que j'ai vus à l'œuvre vendent leur boite après quelques années d'activité et croisent les doigts pour que la période de transition entre la vente et leur départ soit la plus courte possible : ils ont déjà d'autres projets en tête.

  2. Les pragmatiques

    Avec eux, tout est pesé, pensé, renseigné, rationalisé. Ils ont pris le risque parce qu'ils ont évalué qu'il était minime. S'ils sont moins nombreux à se jeter dans l'arène que les créatifs, leurs chances de réussite sont inversement proportionnelles. D'ailleurs leur business plan est tellement verrouillé que c'est parmi eux qu'on retrouve les boites qui tiennent les objectifs prévus initialement.

    Ils managent de manière optimale en s'appuyant sur le savoir-faire des autres (leur vision structurelle de l'entreprise est verticale). Souvent, dans leurs équipes, le turn-over est moins important que chez les autres (les raisons des départs seront ailleurs que dans la relation personnelle, aucun employé n'ira leur dire "tu abuses, je me casse").

    Comme ils prévoient tout de manière à ce que la mécanique fonctionne au mieux, le jour où ils vendent cèdent leur boite, c'est au moment idoine. Le scénario de sortie était prévu de longue date et ils accompagnent la reprise au mieux.
Pour résumer, si cette analyse pourrait paraître un peu manichéenne (voire réductrice), je dois avouer que je me retrouve plus dans le premier profil. Aujourd'hui je dirais que je suis sans doute une bonne "lanceuse" de boite, avec plein d'idées à la minute et un certain goût pour le risque. En revanche, pour tout ce qui est capacité de rationalisation, je patauge.

Par quel bout prendre l'animal pour l'aider à grandir au mieux ? Faut-il le prendre par les cornes ou le tirer par la queue ?