Trois piles en face de moi. Elles m'appellent, me narguent, parfois. Ces piles sont mon cauchemar quotidien, mon mythe de Sysiphe à moi. La première contient les choses à trier. La seconde est celle des choses à traiter. Et la troisième correspond à celles qui sont traitées et qu'il faut archiver.

Les regarder me donne le vertige, l'impression d'être dans un infini système de vases communiquants alimentés par un petit tuyau dont l'eau s'écoule lentement, et qui serait parfois agité de torrents se déversant sur mon bureau.

Ce matin, je me dis que mon bureau ressemble furieusement au sac d'une fille, qu'il faudrait que je le vide intégralement, que je le retourne pour en extraire les poussières et que je le remplisse de nouveau. En prenant le soin d'utiliser correctement tous les petits compartiments.

J'ai beau essayer de me convaincre du contraire, je sens qu'il va falloir que j'y vienne, à l'application d'une quelconque méthode d'organisation. Vous avez des conseils à me donner ?