Si je vous pose la question, vous allez tous me répondre que vous en avez au moins un dans le répertoire de votre téléphone. Vous le croisez au bureau, dans les réunions de famille, aux fêtes entre potes... Protéiforme, il est partout - surtout où on ne l'attend pas d'ailleurs - et a le don d'agacer, de coller, d'empêtrer. Mais au fait, le boulet est-il vraiment incontournable ?

En entreprise, le boulet est essentiel au bon fonctionnement de la structure. C'est lui qui servira de sous-marin à la direction (il aime que ses supérieurs le flattent), qui alertera toute la boite sur un truc qui cloche dans le projet du moment (il est méticuleux), et c'est encore lui qui mettra la pression à tout le monde en faisant remarquer qu'il arrive toujours bon premier le matin (il évite les embouteillages). Grâce à tous ces petits travers, il remplit d'ailleurs très bien sa fonction essentielle : centraliser la vindicte de ses collègues. Malgré tout, si parfois on lui ferait bien la peau, force est d'admettre qu'en son absence, on s'ennuie un peu pendant la pause café.

Dans une famille, le boulet est très facile à identifier. C'est celui qui, au dernier mariage en date, était ivre mort à 22 heures et essayait désespérément d'embrasser toutes les filles qui passaient à moins d'un mètre de lui. La dernière fois qu'on l'a vu c'était au même mariage, mais trois heures plus tard, vomissant derrière une voiture. Celui-là, ça n'est même pas la peine d'envisager de s'en débarrasser. Il fait partie de la famille, c'est comme ça, on y peut rien. A sa décharge, une fois passée la honte d'être la cousine de l'énergumène en question, on se console en se disant que ses performances feront pleurer de rire toute la tribu au prochain grand meeting familial.

Dans les fêtes entre amis, le boulet peut répondre aux mêmes critères que le boulet familial. Mais il peut aussi prendre la forme de cet ami squatteur de canapé, de cet autre ami professionnel du retard, de celui qui a oublié les places de concert qu'on lui avait confié, de celui qui renverse systématiquement les verres, et enfin de celui qui fait la gaffe qu'il ne fallait surtout pas faire.

A bien y réfléchir, il est certain qu'on a tous été le boulet de quelqu'un un jour... C'était quand votre dernière fois à vous ?

NB : ce billet est librement inspiré d'une conversation avec Beorn, Keffer, Joëlle et Larcenette, au cours du dernier apéro-bordeaux... ;-)