Ensuite, comme ça n'était pas si douloureux que ça, tu rempiles : crédit étudiant. On te parle taux, délais de remboursement, etc. Tu piges que dalle, mais tu signes quand même, après tout, t'en as bien besoin, de ces trente mille balles qu'on met à ta disposition. Déjà, là tu rames un peu plus, parce que le crédit, il tombe tous les mois, et tu n'as pas le moindre revenu à l'horizon. Alors tu fais toutes sortes de petits boulots pour rembourser : empilage de boites de petits pois, vente par téléphone de vérandas et autres parties de phoning.

Le jour où tu as ton premier vrai travail, tu as soldé ta dette. Le truc, c'est que ça y est, tu as pris l'habitude de vivre endetté. Et puis, pour aller bosser, tu as besoin d'une nouvelle voiture, parce que ta 205 junior, elle tousse, elle hoquette, mais elle ne démarre plus qu'un jour sur trois. Bref, tu rempiles, mais pour douze mille euros, cette fois.

Petit à petit, la pression monte, tu travailles, tu rembourses, mais tu en éprouves parfois une certaine satisfaction. Alors, quand tu montes ta boite, tu as déjà l'habitude, et tu empruntes sans hésiter. Sauf que là, les enjeux ne sont plus les mêmes : tu stresses tous les jours en te disant que si tu te plantes, on ne va pas seulement te saisir ta voiture, non, tu vas ramer pendant quinze ans.

Et puis un jour, tu fais tes comptes, et tu t'aperçois que les actifs te permettent de rembourser l'intégralité de ta dette, et même de récupérer ton capital social. Bizarrement, d'un coup, tu te sens tout léger, t'as envie de rire, d'embrasser ton banquier, de sauter partout...

Comment ça, il faut en profiter avant la prochaine signature ?