Par Mathilde - dans Au fil de l'eau

Petite adaptation, personnelle et partiale, des 7 péchés capitaux au cas du créateur d'entreprise...

L'envie
Ah, l'envie : liberté, indépendance, argent facile ! On monte sa boite en regardant son voisin et se disant que merde, on y a droit aussi... Et on redescend rapidement sur terre en se disant que, finalement, le salaire fixe, les treize mois et les 35 heures, c'était pas si mal. Bref, dans un cas comme dans l'autre...on regarde toujours son voisin.

L'orgueil
Du "j'ai trouvé l'idée géniale" au "je ferai mieux que les autres", sans orgueil pas de création d'entreprise. Mais très vite, le premier coup chaud passé (allo, c'est votre banquier, vous êtes dans le rouge... ), tu retrouves un peu d'humilité, tes chevilles dégonflent et tu te mets vraiment au travail.

L'avarice
Tu as monté ta boite en pensant que tu allais devenir riche très vite ? Héhé, dans la réalité, tu vas expier tout de suite ton avarice en gagnant l'équivalent d'un smic horaire (au Bangladesh) pendant six mois minimum...ensuite tu passes par tous les smics du monde, pour finir par celui de ton pays. Et là, t'es vraiment content.

La gourmandise
Naaaan, quand je mange plusieurs boites de petits gâteaux et de chocolats, ça n'est pas de la gourmandise ! C'est du test produit ! (cocher "mensonge" dans la liste des péchés non capitaux).

La luxure
La luxure, pour le créateur d'enteprise, c'est un peu le complexe du barman : tu deviens un personnage public. Alors il y a des chances pour que ton potentiel de séduction passe de 4 (sur une échelle de 10) à 8 ou 9. Le hic, c'est que tu n'as finalement pas tellement de temps pour la gaudriole (sauf si c'est pour tester tes produits érotiques, évidemment)...

La colère
Elle répond aux doux noms de TVA, URSAFF, Banque, Coliposte... Avant tout contact avec les organismes cités ci-dessus, il est vivement conseillé d'inspirer profondément plusieurs fois, voire de courir 8 km. Sinon, vous risquez de vous laisser envahir par cet accès de folie soudaine bien connue du chef d'entreprise débutant, par exemple lorsqu'il cherche innocemment des renseignements pour déclarer son premier employé.

La paresse
Non, le patron n'est pas un paresseux qui s'ignore. Si vous le voyez assis sur sa chaise en train de rêvasser, de surfer, de téléphoner en chuchotant, ne vous méprenez pas : il travaille. C'est juste qu'il a une manière différente de celles des autres de s'exprimer au travail. Accessoirement, il "s'exprime" en horaires décalés, aux deux-huit : huit heures pour "penser" et huit heures pour rattraper le temps perdu (plutôt de nuit, car il commence toujours par ce qui est agréable)...

Bon allez, je vous laisse, j'ai quelques trucs importants à faire...