Par Mathilde - dans Au fil de l'eau

Il y a l'odeur du café moulu quand on passe la porte, et le bruit de ceux qui entrent en se soufflant dans les mains. Il y a l'apprenti peintre, qui aimerait trouver le courage de parler aux filles qui passent, mais qui se retrouve toujours à côté de la vieille dame à qui on amène un thé.

Il y a la patronne qui beurre les tartines et distribue les cafés. Il y a les lycéens qui quémandent dix centimes pour un paquet de clopes. Il y a le monsieur à la chevalière, au cigare et au café noisette. Il y a cet autre, celui au café allongé, à l'écharpe rouge et aux charentaises.

Et enfin, il y a moi, les paupières encore gonflées de sommeil, qui m'arrête pour prendre ce café salvateur au comptoir de la Tabatière.