Par Mathilde - dans Au fil de l'eau

Tu sais Francis, il faudrait qu'on prenne le temps de parler un peu tous les deux... Tu vois, quand j'ai jeté mon dévolu sur toi, j'ai été éblouie par le bleu de tes yeux, par tes formes harmonieuses. Et je te trouvais tellement beau que je n'ai pas pu m'empêcher de te ramener chez moi. Souviens toi de tous ces bons moments passés, tout au long de ces quatre dernières années...

Bien entendu, je me suis vite aperçue de tes limites, mais j'ai préféré fermer les yeux et t'admirer. Que tu ne fasses pas la vaisselle passait encore, finalement c'était un peu le lot commun. Que tu ne saches manier ni aspirateur ni serpillière, malgré toute la poussière de café que tu laissais derrière toi, j'ai fini par l'accepter. Vois comme j'ai été conciliante.

En vérité, la seule chose que je te demandais vraiment, Francis, c'était de participer à mon bonheur matinal en me préparant un bon café. Après tout, tu es italien, non ? Vraiment, je pensais que tu savais qu'un bon expresso coule en un filet tellement sombre qu'il en paraîtrait presque épais. Et qu'au contact de la tasse, comme par magie, une légère mousse se forme, brune, aérienne. Elle fait toute la saveur de l'expresso, tel que je l'aime.

Seulement voilà, j'ai fini par entrevoir la cafetière filtre que cachait ton charme ravageur. Avoue qu'on s'est un peu menti, tous les deux. Toi en me faisant croire que tu étais une cafetière de luxe, et moi en te faisant des infidélités au comptoir de la Tabatière.

Ce matin, alors que je prenais un café servi par Maria, justement, je me suis dit que ces mensonges ne pouvaient plus durer. Qu'il fallait que nos chemins se séparent. Alors je suis désolée de te l'annoncer brutalement comme ça, mais il est probable que tout soit fini entre nous...