Par Mathilde - dans Au fil de l'eau

S'il y a bien une phrase qui m'a toujours fait hausser un sourcil, c'est "trop d'info, tue l'info". C'est simple, je ne me sentais pas concernée. Dans mon cocon sans télévision, j'avais mes petites piles de bouquins à lire, mon abonnement au Monde et quelques sites de référence qui me permettaient d'avoir un accès actif à l'information, de me faire rêver, de me faire penser, de me faire rire.

Seulement voilà, depuis que j'ai ce fichu netvibes, je suis totalement mobilisée par la lecture des flux. Les bouquins s'empilent, les magazines s'entassent et il y a toujours plus de liens marqués non-lus dans mon agrégateur. J'en arrive même à être bloquée pour écrire tellement je lis de trucs, des articles dont je n'arrive même plus à recracher la substance, tout occupée que je suis à en digérer le contenu. Les lignes finissent par danser devant mes yeux, j'ai l'impression d'avoir l'estomac rempli de subjonctifs, de qualificatifs et d'adverbes.

Je vais donc mettre mon navigateur en veille quelques jours, trier mes livres et me replonger dans le papier, celui qui a une odeur, celui qui coupe parfois un doigt trop pressé de tourner une page...