Par Mathilde - dans Au fil de l'eau

J’apprends que l’Espagne a récemment modifié les horaires de travail et supprime la sacro-sainte sieste quotidienne.

Il faut bien admettre qu’il y a quelques années, quand on débarquait en Espagne pour y vivre, il était surprenant de voir que le pays tournait au ralenti de 14h à 17h. Et puis, les températures élevées aidant, on s'y faisait : l’heure de la sieste était ce moment divin où l’on pouvait dormir, regarder son plafond, écrire, s’abrutir de telenovelas ou autres activités plus ou moins réjouissantes.

En bref, c’était une vraie coupure au milieu de la journée de travail, un moment dédié à la personne. Qui disparaît sous le prétexte d’une productivité accrue, de meilleurs échanges professionnels avec les voisins européens.

Moi qui suis pourtant une acharnée du travail, qui déjeune devant mon écran et enchaîne les semaines de 70 heures, j’avoue que cela m’attriste quand même un peu.

Parce que cela me renvoie à plein d’interrogations essentielles comme le fait de savoir si le bonheur réside dans la productivité à tout prix, parce que cela me renvoie à tous mes doutes sur cette course au rendement dans laquelle on se laisse entraîner.