Par Hadrien dans La chronique d'Hadrien

Je ne vois pas vraiment comment je vais pouvoir éviter de vous en parler alors je le fais une bonne fois pour toutes, et on n'en parle plus pendant quatre ans!

Voilà. Un pénalty, un but, un coup de tête de trop et un tir au but manqué, la finale est perdue. Zidane héros, sauveur d'une équipe qu'on donnait moribonde avant la fin des éliminatoires. Zidane voyou, d'un violent coup de tête fait s'envoler les espoirs de victoire. Celui qu'on présentait comme la réussite de l'intégration à la française, personnalité préférée des Français sera peut-être demain trainé dans la boue. Peut-être, à l'instar de top-models renifleuses de farine, verra-t-il ses mirobolants contrats publicitaires remis en question. Tout un pays qui l'adulait va demain le haïr. Le rendre seul responsable de la défaite comme il était seul responsable de la victoire de 1998. La foule a besoin d'un coupable comme elle a besoin d'un héros. L'incroyable violence de son geste (pour l'instant inexpliquée, en attendant la conférence de presse) justifiera-t-elle qu'on fasse descendre Zizou de son piédestal où il semblait devoir s'installer pour longtemps?

La France a perdu, l'Italie a gagné. On était prévenus, la joie des uns était conditonnelle de la détresse des autres. Moi j'ai gagné. J'ai gagné une nuit calme, sans imbéciles hurlant et klaxonnant. J'ai gagné 4 ans sans coupe du monde de football. J'ai gagné le droit de ne pas revivre le cauchemar interminable qui a duré de 1998 à 2002. Une vague de passion footballistique qui avait envahi nos médias, nos politiques et nos comptoirs de bistrots. On s'associe quand même au bonheur de Marcello qui est Italien quand ça l'arrange, mais surtout ce soir.

On a perdu, on a gagné. Qui est ce "on"? Onze imbéciles surpayés qui tapent dans un ballon à 800km d'ici, c'est pas moi, ni vous. Federer et Mauresmo qui remportent Wimbledon, ça me fait très plaisir, c'était mes favoris. Mais je sais que c'est pas moi qui ai remporté le tournoi. On a perdu. Tant mieux. Je ressens même une petite satisfaction (malsaine) à ce que le vrai visage de celui qu'on m'a gonflé à trop montrer en exemple apparaisse enfin. Il était temps, c'était son dernier match.