Par Hadrien dans La chronique d'Hadrien

Hier j'ai pris le train pour aller à Paris. Jusqu'ici rien d'anormal. Sauf que, c'est vrai, je préfère prendre ma voiture. Mais avec la fête de la musique c'est le bordel dans Paris. Merci Jack Lang. Me voici donc en route, sans le confort de ma petite Skoda et de sa puissante stéréo digne d'une Opel Corsa Tunée défilant sur le parking du Castorama (tous les samedis soirs vers 22h). A pieds. Vers la gare. La gare est au bout de ma rue, mais en dehors de mon territoire (qui n'est pas grand puisque j'ai tous les commerces nécessaires dans un rayon ridiculement petit). En allant vers la gare donc, j'aperçois un nouveau commerce qui a ouvert dans ma rue. Un marchand de primeurs. Mon coiffeur, qui sait tout, m'avait prévenu il y a plus d'un mois lors de notre dernier point sur les informations capitales du quartier (souvenez-vous) qu'un primeur allait s'installer là. Ne voyant rien venir, j'avais fini par oublier. Un nouveau marchand de primeurs, disais-je. Des jeunes, souriants, une belle boutique toute neuve, bien éclairée, climatisée avec pleins de beaux fruits et de beaux légumes. Ca nous change. Faut dire qu'il y a un autre marchand de primeur dans la rue, installé là depuis trois générations, mais c'est des cons et leurs légumes sont moches et chers et c'est des cons. Donc j'allais pas chez eux.

Hier, en allant prendre mon train, je me suis d'abors arrêté chez Murielle, ma boulangère, pour prendre une formule sandwich-coca à 4€50. A manger dans le train, pour laisser plein de miettes sur la banquette. Un sandwich au thon, pour ceux que ça intéresse. Muni de mon sandwich (au thon) et de mon coca, je remontais donc la rue royale en direction de la gare quand je suis passé devant ce nouveau marchand de fruits et légumes. On me sourit, on me dit bonjour. Il ne m'en faut pas plus pour que j'ai envie de leur acheter quelque chose. Extrait:

Eux: "Bonjour"
Moi: "Bonjour"
Moi: "C'est nouveau cette boutique?" (genre je le savais pas)
Eux: "Oui, on a ouvert hier"
Moi: "Ah, c'est bien" (j'étais pas au top, question répartie)
Eux: "Oui, on est content"
Moi: "C'est surtout que ça va nous changer, d'avoir des marchands de primeurs souriants et sympatiques"
Eux: "C'est ce que nous disent tous nos clients depuis hier"
Moi: "Ha Ha Ha" (de mieux en mieux, Hadrien)
Eux: "Vous ne voulez pas goûter un abricot? Ils sont excellents"
Moi: "Hmmm, délicieux, je vous en prend une livre"
Eux: "ça vous fera 1€75"

Je vous épargne la suite, c'était moins intéressant. Si quand même, j'étais content, dans mon RER pourri, de narguer les autres voyageurs avec mes délicieux abricots fondants alors que tout le monde me regardait en bavant. De retour à Versailles, je suis repassé devant mon nouveau primeur favori et j'ai repris une livre d'abricots. J'en aurais bien pris un peu plus, mais j'aime beaucoup prendre une livre de quelque chose, ça en jette. J'ai quand même précisé "une bonne livre" histoire de pas être trop frustré. C'est con, mais ça me fait tellement plaisir "vous m'en mettrez une bonne livre", j'adore!