par Hadrien - dans La chronique d'Hadrien

Je réfléchissais à ce que je vous disais hier, mon refus d'envoyer mes 3 petits SMS dans la masse des SMS du nouvel an, du frisson d'horreur qui a parcouru mon épine dorsale quand j'ai découvert que 1 Français sur 10 avait un blog. Certains trouvent et affirment leur identité en suivant les modes et mouvements populaires. Moi, et je ne suis pas sûr d'être si original que ça, j'ai besoin de m'affirmer comme celui qui va en sens inverse de la masse.

Je n'envoie pas de SMS le soir du nouvel an, je ne regarde pas le foot à la télé, je ne lis pas le goncourt (désolé Mathilde), je tire une fierté insensée de ne jamais avoir vu "le grand bleu" alors qu'on ne m'en dit que du bien, j'écris sur un blog mais je ne lis jamais les blogs des autres, j'ai une voiture tchèque et j'en suis fier, je n'ai pas fait mes courses de noël chez Bagatelles (désolé Mathilde), j'aime bien les tableaux de patrick (désolé Mathilde), j'écoute radio Nostalgie en chantant à tue-tête, ...

Malheureusement, certaines de mes actions me font rentrer dans la masse. Je ne fume plus, comme de plus en plus de gens. Devrais-je recommencer à fumer, pour me singulariser de nouveau? Je vote régulièrement, comme bientôt tous les jeunes des banlieues. Devrais-je déchirer ma carte d'électeur (je ne me répète pas trop, vous savez de qui je veux parler, une jeune chef d'entreprise qui ne s'est pas inscrite sur les listes, pour se singulariser?)?

C'est là que j'en arrive à mon plus gros cas de conscience. Si tout le monde sort du rang, la meilleure façon de se démarquer de la masse, c'est d'y retourner, dans le rang. Que faire? Qui suis-je?