Par Mathilde - dans Au fil de l'eau

L'Homme du Moment... écrit un blog que je fréquente à l'occasion. J'aime sa plume acérée.

Ce matin, j'y ai lu "Ho Ho Ho", qui raconte ceci :

"Ce matin l’air était vif dans la grande ville. Les voix des Parisiens filaient net dans l’air cristallin et l’armure légère du chevalier motorisé, posée bien épaisse sur les épaule, laissait juste soupçonner que là-dehors, à la surface du tissus technique, il faisait un putain de froid.

Rue de Rivoli, puis place de la Concorde, puis le Rond-Point des Champs-Elysées. Stopper au feu rouge et suivre des yeux la neige qui flotte doucement.

Mettre une seconde ou deux à remarquer qu'il fait un grand soleil.

Tourner la tête et découvrir deux échappés de Tchernobyl en train de bomber en blanc un massif de sapins fraîchement descendus du camion. Détailler d’un œil écarquillé les combinaisons oranges, les gants en caoutchouc, les masques à gaz et le pistolet à peinture qui crache une tempête de flocons en tetrafluorure de benzèthyl qui tournoie furieusement autour des deux survivants de l'Apocalypse, créant un micro-climat de blizzard Bowlliwoodien.

Se dire que, cette année, Noël a des airs vaguement frelatés…

Et puis remarquer que celui qui tient le pistolet est tellement environné de neige de synthèse qu’elle forme une barbe blanche qui pend de son masque à gaz, lui donnant un air de Père Noël biochimique.

Tourner la poignée de gaz en se marrant et se dire que, finalement, l'esprit de Noël se manifeste toujours. Même là où on ne l’attend pas."