Dans la théorie c’est facile, je me suis un peu renseignée, et j’ai emprunté à Xavier son livre de chevet, « Référencer votre site web ». Mes nuits commencent d’ailleurs à ressembler à des balises méta « rrrrrrrr cadeau, rrrrrrrrrrr , cadeaux, , rrrrrrrrrrr , idées cadeaux, , rrrrrrrrrrr , idée cadeau, , rrrrrrrrrrr , idées de cadeaux, rrrrrrrrrrr , cadeaux originaux …

Je décide de lâcher cutter, scotch et autres cartons pour reprendre mon clavier. Ma mission : l’espionnage de mes concurrents. Comment font-ils exactement ?

La plupart combinent référencement naturel optimal, publicité on-line et partenariats. Souvent ils ont aussi réussi un plan presse. Je m’aperçois que j’aurais dû approfondir la question bien avant…

Mi-novembre 2004

Je décide de tout attaquer de front et je jongle entre rédaction d’un dossier de presse, prises de renseignements sur les campagnes de liens sponsorisés, indexation du site dans toutes sortes d’annuaires et tentatives de partenariats.

Pour les partenariats, c’est l’échec : se réveiller 10 jours avant le lancement du site, ça fait un peu court.

En revanche, j’ai un peu plus de succès grâce à l’envoi d‘un communiqué de presse : l’internaute relaie l’info sur ses pages conso et le journal du net valide ma fiche société.

Les messages d’encouragement de la part des visiteurs me remontent le moral et me permettent de sortir de ma bulle en échangeant avec eux.

Début Décembre 2004

Je lance une campagne de liens sponsorisés sur Google et Overture. A cause de mon (tout) petit budget, mes annonces sont mal positionnées et le ROI (retour sur investissement) n‘est vraiment pas dithyrambique. Gros coup de stress, je me vois déjà lancer un appel à cotisation auprès de mes parents-amis-ennemis pour sauver Bagatelles.

Mi-décembre 2004

Enfin, ça roule ! Plus vraiment le temps de gérer le référencement du site, je fais de l’assemblage de paniers et messages en tubes. Mes amis sont conviés à remplir des tubes d’épices et de boutons de roses quand ils viennent me rendre visite. Ça rend les soirées conviviales. J'en profite pour remercier Amandine qui a vraiment rempli beaucoup de tubes, a fait presque tous ses cadeaux de Noël chez Bagatelles et a largement contribué à la notoriété du site (c'est bien d'avoir des amis geeks).

Quelques clients « entreprises » me font confiance pour leurs cadeaux de fin d’année. Notamment Musiwave à qui je dois une fière chandelle.

24 décembre 2004 – 19 :00

Patrick et moi nous donnons rendez-vous devant le magasin de jouet de notre quartier, La maison des trois ours, pour acheter le cadeau d’Adèle. J’ai honte de ne pas avoir pris le temps de m’en occuper. Promis Adèle, en janvier je passerai plein de temps avec toi.

24 décembre 2004 – 22 :45

Le cadeau que je m’offre ? Une vraie nuit de sommeil.

Fin décembre 2004 / Bilan

Premier bilan, un mois et demi d’activité, j’ai accumulé les galères et les coups de chance, ça équilibre la balance.

Niveau pub en ligne / Dépenses totales 1600 € Niveau notoriété acquise / dépenses 0 € (mais des nuits entières devant mon écran)

- le meilleur choix que j’ai fait est le référencement sur un comparateur de prix, leguide.com, qui m’a apporté du trafic qualifié et pas mal de ventes.
- Côté liens sponsorisés, le résultat est mitigé, j’ai investi autant que j’ai gagné, mais j’espère que les clients seront fidèles et reviendront.
- je découvre le buzz marketing et je m’aperçois que le monde des internautes est tout petit. Il faut vraiment que mes acheteurs soient très satisfaits pour que Bagatelles bénéficie de leur recommandation. Je me demande encore comment améliorer ma proximité avec mes acheteurs…
- Grâce à l’article de l’internaute, je suis en négociation avec Laser (Lafayette Services) pour une opération conjointe Points S’miles. Le but du jeu : que les clients puissent acheter des messages en tubes grâce à leurs points fidélités acquis dans les enseignes participant au programme (Galeries Lafayettes, Monoprix, BHV etc.)
- Sur l’animation du site, on décide de faire correspondre chaque événement avec une bannière sympa. La première, celle de Noël, voit des flocons tomber. Vous pouvez la voir ici.

Le chiffre d’affaires réalisé sur le site est de 7.200 €, ça me permet d’y croire. Les commandes hors site (cadeaux d’entreprises) ne sont pas nombreuses mais représentent un volume non négligeable.

Janvier 2005

A l'atelier, les toilettes sont toujours bouchées et tous les plombiers des environs surbookés. Je suis sur le point de craquer (comme quoi, le moral du créateur d’entreprise est vraiment fragile).

Côté site, c’est le désert total, à l’euphorie des fêtes de fin d’année succède un calme plat, tant en termes de visites que de ventes. De 400 visiteurs / jour en décembre, les statistiques chutent à une moyenne de 60 visiteurs / jour. Je préfère ne pas évoquer le chiffre d’affaires, rien que d’y penser, ça me déprime.

En fin de mois, je vois le partenariat Laser se débloquer et je valide les maquettes « Agenda des Galeries » et « M le mag de Monoprix ».


Pour anticiper les 1000 messages en tubes mensuels prévus sur cette opération, Nathalie me rejoint. Ça fait du bien de ne plus être seule dans ma petite barque. On développe ensemble les produits pour la Saint-Valentin : le panier des amants et Rouge passion. Tous nos copains sont fans, c’est plutôt bon signe.

Début Février 2005

Ce mois de janvier m’a un peu déprimée, il faut bien l’avouer mais j’ai décidé de m’attaquer avec brio aux amoureux. Pour commencer, j’ai été approchée par une agence qui se propose de gérer mes liens sponsorisés sans que cela me coûte plus cher que si je le faisais moi-même (ils se paient sur les 15% rétrocédés par Overture). Je signe en me disant que c’est vraiment génial, y plein de gens sympas dans ce milieu.

Xavier, dont je n’arrive pas à savoir s’il est amoureux, s’éclate en réalisant une jolie petite bannière avec les anges de Raphaël. Leurs ailes s'agitent, à voir ici.

Nathalie souffre du froid et de l’absence de toilettes. Je compatis, moi aussi, je trouve ça raide de commencer la journée à 8°C, d’atteindre les 14°C à 13 heure et de partir au moment où on approche les 18°C. On ajoute un radiateur électrique et Marie-Cécile kidnappe un plombier. On a recommencé à avoir des relations détendues, cette histoire de toilettes, ça nous a rapprochées !

Un blind test sur l'Internaute nous apporte pas mal de visites. Moral au beau fixe.

10 février 2005

Je fais un métier fabuleux, Bagatelles est à la fois le vecteur et le support des sentiments de centaines de personnes !

14 février 2005

Qu’on ne me parle plus d’amour ! Trop c’est trop, on a écrit sur des centaines de galets les mots du jeu amoureux, on a mis en sachets des kilos de gingembre confit et de thé Nuit céleste. Il était temps que ça s’arrête. Désolée les amoureux, désormais chez Bagatelles, on fait la grève du galet…

Fin février 2005

C’est quoi la prochaine échéance déjà ?

Mars 2005

Fête des grand-mères. J’avoue, chez Bagatelles, on y croit moyennement, d’ailleurs la bannière préparée par Xavier est loin d’être la meilleure. Pour le mailing spécial, on se détend un peu : « Mamie reste… » / « J’ai tellement apprécie le cadeau de mes petits enfants que j’ai repoussé mon départ de chez eux au mois de juillet… » dit notre grand-mère.

Désormais on décide d’adopter une communication un peu plus décalée. Ça nous amuse beaucoup plus d’être en rupture avec l’image calfeutrée des débuts. Nos clients adorent – enfin ceux qui nous écrivent pour nous le dire.

Avril 2005

Pâques, pas grand-chose à signaler, on fait un jardin de Pâques qui ne fait pas un tabac. Les ventes sont en mode automatique. On a un flux correct, sans plus.

Je romps le contrat avec l’agence qui s’occupait des liens sponsorisés pour Bagatelles. En 3 mois, j’ai changé 4 fois d’interlocuteur, que des stagiaires. J’ai du mal avec les boites qui ne tournent que sur des stagiaires. Les résultats étaient mauvais et il n’y avait pas de continuité dans le service. Je commence à m'apercevoir qu'il y a deux types de personnes sur le secteur : ceux qui sont là parce qu'ils sont passionnés et ceux qui sont là parce qu'ils pensent qu'il y a beaucoup d'argent à prendre. Ce qui est triste, c'est que le premiers font le web mais mangent souvent des pâtes à la fin du mois.

Courant mars, j’ai signé un contrat avec une attachée de presse. Je reçois très bien les factures mais peu de nouvelles sur ses prises de contact avec les journalistes. A 700 € par mois, ça m’inquiète un peu de me dire qu’il n’y aura aucun résultat.

J’ai un peu l’impression de laisser l’argent filer plus vite qu’il ne rentre.

Mai 2005

Fête des mères et nouvelle échéance importante pour Bagatelles. Avec Noël, ce doit être le temps fort de mon année en termes de ventes. Pour booster les statistiques en visites, un jeu est organisé sur le site. Malek nous a développé un petit puzzle à reconstituer avant de pouvoir s’inscrire au tirage au sort.

Je recommence à passer des nuits entières sur le web pour référencer le jeu sur des sites comme concours.fr

Très vite, les visites explosent, la participation au jeu aussi. Les femmes sont joueuses : elles représentent 94% des inscrites et sont 8.000 a avoir également visité le site.

Beaucoup de visites sont également générées par le partenariat établi avec le fleuriste Bebloom : avec un de leurs bouquets, ils vendent « les mots parfumés ». 150 de ces packs sont vendus en une semaine. Pour l’occasion on a du renouer avec les galets – on se fait une raison, notre métier, c’est de véhiculer de l’amour…

Début Juin 2005

J’ai besoin de vacances, ça fait bientôt un an que je suis sur le pont jour et nuit. L’année a été pleine de rebondissements, de désillusions, de moments d‘euphorie totale. La fatigue accumulée m’empêche de développer de nouveaux produits avec l’enthousiasme dont j’avais fait preuve auparavant.

J’évoque le sujet des vacances avec mon chéri, qui est lui aussi chef d’entreprise. Apparemment il n’a pas besoin de faire de pause puisqu’il me propose de « prendre 3 longs week-ends dans l’été » en guise de vacances. C’est bizarre, ça me donne envie de pleurer.

Mi-juin 2005

Il fait beau, Xavier est en pleine forme et s’amuse à faire du coloriage pour Bagatelles. Il fait une jolie petite bannière en flash pour la fête des pères. Une de mes préférées, à voir ici.

Début juillet 2005

Je mets de l’ordre : administratif, produits, inventaire etc. L’administratif et la comptabilité de Bagatelles sont désormais repris par une amie dont c’est le métier (j’ai essayé de m’y retrouver dans les arcanes de Ciel compta mais vraiment je perds du temps).

Mi-juillet 2005

Bagatelles déménage, fini l’entresol des débuts, ses murs rose pétant et son parquet qu’on avait raccommodé à l’économie (avec des plaques de métal, à l’ancienne). OK, c’était très joli, mais s’installer à l’étage quand on sait qu’on a des colis qui vont partir tous les jours, c’est vraiment une aberration…

Ce qui me manquera le plus, c’est le côté village du quartier : je voyais de ma fenêtre Denis Tatoo exercer son art ou l'entendait m’interpeller quand il fumait sur le pas de sa porte, l’atelier ressemblait parfois au bar des sports tellement on s’y pressait pour boire un café et échanger sur les dernières nouvelles…. Bref, j’adorais cette vie à l’italienne.

Fin juillet 2005

Xavier travaille sur la V2 du site. Le début de mes vacances est arrivé, Hadrien, Patrick et moi roulons dans Marseille pour essayer de choper un réseau wi-fi ouvert. On découvre que la ville en a créé un totalement gratuit accessible depuis une place sur laquelle se trouve un carroussel. Adèle fait plein de tours de manèges pendant que je donne mes modifs à Xavier par téléphone. Il est pressé d'en finir et de partir lui aussi en vacances...

Début août 2005

On a installé une bannière été sur le site. A voir ici.
Saucisson, rhum arrangé et cheveux pleins de sel au Crapaud rouge. J'ai de nouveau plein d'idées pour le site...