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16 août 2004 – 10 :00

J'appelle toutes les banques de Versailles pour leur présenter mon projet. Le lendemain, j'ai rendez-vous avec deux d'entre elles. Déjà ? Mais j'ai encore du sable entre les orteils !

17 août 2004 – 11 : 15

Banque Populaire. C'est Isabelle qui me reçoit. Je me demande à quelle sauce elle va me manger. En lui remettant ma copie, je lui donne quelques explications sur le projet, elle me rassure et me parle des aides existantes à la création d'entreprise. En me raccompagnant à la porte, elle m'annonce qu'elle va lire le projet puis me recontactera. Comme pour un entretien d'embauche, quoi !

17 août 2004 – 11 : 45

Une banque que je ne citerais pas. Le type qui me reçoit a faim, son estomac gargouille avec une cadence soutenue. Il m'explique qu'il vient juste d'obtenir ce poste de conseiller pour les « professionnels » mais que la création d'entreprise il sait bien ce que c'est : il a lu des livres . Je ne sais pas pourquoi mais je ne le sens pas…

17 août 2004 – 15 : 45

Le téléphone sonne, Isabelle de la BP. J'en ai les mains moites, pour qu'elle m'appelle si vite, c'est forcément un refus. Elle me dit juste « j'ai lu votre projet, pour le financement on vous suit sans problèmes. On peut se voir quand ? ».

Fin août 2004

Le soir quand je me couche, je mets 30 secondes à m'endormir : les travaux dans le local sont titanesques. Partis pour des travaux de déco, on se retrouve face à la réhabilitation d'un local tellement humide que des champignons ont poussé dans les placards. J'ai gratté à la main 40 m2 de ragréage pour retrouver le vieux plancher de mon entresol. Patrick, mon cher et tendre, passe ses soirées et week-ends à nous aider. Ma nouvelle colocataire râle beaucoup mais ne touche pas un pinceau, ça commence mal. Patrick ne râle pas mais je sens parfois le reproche dans son regard. Qui m'a dit que la création d'entreprise pouvait faire éclater un couple, déjà ?

5 septembre 2004

Le résultat en vaut la peine même si au lieu des 5 jours prévus initialement, on se retrouve avec 3 semaines de travaux sur les bras. La bonne nouvelle, c'est que je suis devenue une bricoleuse aguerrie et je sais désormais qu'on ne peut pas utiliser le mode percussion de la perceuse pour visser des meubles.

6 septembre 2004

OK, j'ai un lieu mais il va falloir mettre des produits dedans. J'ai bien une vague idée (quelques noms de thématiques pour les paniers) mais rien de concret niveau fournisseurs. Pour ça, il parait qu'il faut aller sur le salon Maison & Objet. Pour éviter de m'emballer trop vite sur des produits, je m'entoure de ma chère maman, celle qui saura m'arrêter à temps et me dire que non, le zizi sauteur dans un panier, c'est pas une bonne idée.

8 septembre 2004

Niveau efficacité, Maman est une tueuse : elle a dressé des listes de paniers, de produits à mettre dedans, compulsé des dizaines de catalogues et m'a aidée à négocier des échantillons sur le salon. Elle repart en me laissant l'ébauche de la première gamme de Bagatelles. J'ai 15 paniers et l'idée d'un produit d'appel : les messages en tubes.

10 septembre 2004 – 8 : 00

Avant de partir en vacances Xavier, webmaster free-lance débutant, a créé une page d'attente pour le site qui dit : « Bagatelles, des cadeaux beaux et originaux – ouverture début octobre »

Xavier, il nous reste 20 jours, on se met au travail sérieusement ?

10 septembre 2004 – 9 : 00

Le projet de site est un peu au dessus de nos moyens : ni l'un ni l'autre n'a jamais travaillé sur un site marchand. Xavier est parti en vacances en m'assurant qu'il potasserait le sujet. J'ai de sérieux doutes.

10 septembre 2004 – 11 : 00

Je n'ai pas de nouvelles de l'immatriculation de Bagatelles au greffe du tribunal de commerce. J'essaie de les contacter, ils sont en grève.

Je passe mes commandes produits, on m'annonce des livraisons pour mi-novembre. C'est la panique.

J'investis peu à peu l'atelier, pour l'instant je ne peux pas y mettre mon bureau car j'ai un délai d'attente de 3 semaines avant d'avoir l'adsl. France Telecom, quand tu nous tiens...

C'est drôle, je sens que les ennuis commencent à arriver…

15 septembre 2004

Pour patienter je travaille sur les prototypes et grâce à Dekalog, je décroche un contrat pour 110 messages en tubes. Je n'ai pas encore ouvert la boite et déjà une commande, c'est l'euphorie ! Pour un peu je me ruerais chez Porsche…

20 septembre 2004 – 12 : 00

La Poste a perdu mon courrier du tribunal de Commerce, je prends mon bâton de pèlerin et refais toutes les démarches.

Fin septembre 2004 – nuit & jour

On y est, Xavier a commencé à me détester. Le site qu'il me propose n'est pas du tout conforme à l'idée que je m'en faisais. Je lui impose des week-ends entiers devant son écran. Et ça me rend malade.

Fin septembre 2004

Les relations avec Marie-Cécile, ma colocataire, se dégradent.

Aux tensions accumulées durant l'épisode difficile des travaux, s'ajoute une querelle de clocher sur la répartition de l'espace. Notre local dispose d'un petit espace « commerce » au niveau 0. On devait faire cohabiter nos produits et vendre en direct pour rentabiliser la location de l'atelier. Elle n'est plus d'accord du tout : on ne mélange pas les torchons et les serviettes, mes paniers risquent de nuire à la bonne image de ses créations (sacs à main)…

Avant d'en arriver au stade des tirs nourris à travers le local, je tente une conciliation et m'en tire plutôt mal en obtenant à l'arrachée une demi vitrine. On ne m'y reprendra plus.

Octobre 2004 – nuit & jour

Les journées de Xavier – et les miennes aussi d'ailleurs – sont rythmées par nos échanges à propos du site. Je sens des ondes négatives quand on se parle au téléphone, c'est sûr, il me déteste encore plus que le mois dernier. Allez, Gsav, c'est bientôt fini.

Les produits arrivent au rythme d'une palette par jour. Il faut les monter colis par colis à l'entresol. Si jamais je survis à cette aventure, je porterais une ceinture orthopédique jusqu'à la fin de mes jours, c'est certain.

14 octobre 2004

C'est l'inauguration de l'atelier. Ici, une petite vidéo réalisée par Stéphane alias El Navarro.
J'ai retrouvé le sourire…

17 novembre 2004 – 20 :00

Le site est enfin en ligne. Xavier a une tête de déterré et j'ai perdu 5 kilos. On se félicite du chemin parcouru ensemble. Xavier jure de ne plus jamais faire de site marchand. Mais Xavier, si tu me quittes (professionnellement parlant) comment je vais faire ?

18 novembre 2004

170 visiteurs et… 2 ventes pour un montant total de 40 euros (Isabelle ma banquière et André de free-lance all stars) ! Comment ça, c'est pas brillant ?

Fin novembre 2004

Comme dirait ma boulangère, j'attends le chaland. Jour et nuit, j'actualise ma console d'administration pour savoir combien de personnes sont en ligne et si j'ai fait des ventes.

1er décembre 2004

A l'atelier, les toilettes sont bouchées et débordent régulièrement, nous racontant le passé de ceux qui occupaient les lieux avant nous. Il n'y a pas de chauffage, j'ai donc investi dans un...poêle à pétrole. Je vis dans l'angoisse de combiner infection urinaire et pneumonie.

5 décembre 2004

Le chiffre d'affaires réalisé par Bagatelles correspond à celui prévu dans le business plan, les visites sont nombreuses sur le site, notamment grâce à un topic sur le forum d'hardware.fr ...


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