1er trimestre 2004, quelques heures par semaine…

Maintenant que je l’ai lancée cette idée, il va bien falloir que j’avance – en plus, j’en parle à tout le monde, plus moyen de reculer. Je le sens, la somme de travail est considérable. Je commence par fureter sur le web, ça me plait bien de surfer pendant des heures. Dire que ça va devenir mon travail…

Avril 2004, quelques heures par jour…

J’ai trouvé et imprimé des tonnes d’infos (notamment sur le site de l'APCE), j’ai même un nom pour la boite : Bagatelles, ça sonne sympa et ça représente bien les petites choses que je veux mettre dans mes compositions.

1ère découverte, il va me falloir de l’argent.

Tiens, ça fait longtemps que je n’ai pas eu mon cher banquier au téléphone…

Coup de fil et 2e découverte, il va falloir que je fasse un business plan si je veux de l’argent. Qu’à cela ne tienne, je file à la Fnac et j’opte pour la méthodologie du business plan. Jusque là , tout va bien.

Mai 2004, une semaine complète

La lecture de la méthodologie achetée à la Fnac me plongeait dans une torpeur telle que...je me retrouve sur les bancs de l’école – ou plutôt dans une formation en création d’entreprise financée par la Région (programme Cap Entreprise).
Un grand moment de solitude : je n’y arriverai jamais. Pour nous mettre en confiance, ils nous annoncent qu’un créateur sur deux ne verra jamais son projet arriver à terme (ça c'était pour l'écrémage du premier jour).
Cette formation ressemble un peu aux réunions des AA : chacun se lève à tour de rôle pour se présenter et expliquer son projet. Comme à l'école, je me fais des copines et on se fait engueuler quand on discute.

Juin 2004, une semaine complète

2eme semaine de formation, chacun a potassé son sujet dans son coin. Pour mettre l'ambiance une nouvelle fois, on nous apprend que seul un créateur sur trois ne se plantera pas dans les 3 ans (un sur deux pour les femmes - désolée messieurs, ce sont les chiffres qui parlent).
J'en ai quand même froid dans le dos, finalement, c'est pas une bonne idée c't'histoire de boîte.

Evidemment, tout le monde me demande des nouvelles de Bagatelles. Je n’ose relever la question.

Juillet 2004, bientôt les vacances…

Adèle, ma fille, est déjà partie chez ses grands-parents et avant de la rejoindre, j’ai décidé de profiter de son absence pour en finir avec ce ***** de business plan.

28 juillet 2004 – 3 :00 AM

40 pages, une étude de marché, un prévisionnel et une ébauche de statuts de société : je suis venue à bout de mon business plan et découvre qu’en plus ça peut marcher.
Une fois n’est pas coutume, les chiffres sont de mon côté !

29 juillet 2004 – 9 :00 AM

J’ai 2000 euros en poche. Il me manque la bagatelle de 14000 euros … Le téléphone sonne et affiche « Papa Mobil », je décroche et me jette à l’eau. 5 minutes plus tard, j’ai une partie de mon financement. Papa, je t’aime !

29 juillet 2004 – 10 :00 AM

Ma voisine frappe à la porte, on lui propose un local dans le vieux Versailles – grand, vétuste et pas cher. Elle me propose de le partager avec elle. Je le visite, ok c'est vraiment vieux mais j’adore, on signe quand ?



30 juillet 2004 – 16 :00 PM

Voiture pleine à craquer : poussette, rollers, maillots de bain et serviettes de plage sont entassés. Je passe signer le bail (qu’on a négocié avec un premier loyer en octobre vu l’importance des travaux à réaliser). Je ressors de l’agence délestée d’une caution et pars en vacances, un peu angoissée quand même : il me manque toujours 6000€ pour lancer Bagatelles...

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